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Conflits et unification du Yemen
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Les tentatives d’unification qui font suite aux conflits ayant opposé, en 1972 et en 1979, les deux Républiques du Yémen demeurent vaines. En 1988, un accord est conclu pour démilitariser la frontière et exploiter en commun les gisements pétroliers. L’unification s’effectue finalement le 22 mai 1990. Les deux pays se fondent en une République du Yémen, avec Ali Abdullah Saleh comme président et Haydar al-Attas comme Premier ministre.

Les émeutes de la faim qui ont lieu en 1992 et l’agitation politique obligent le gouvernement à reporter les élections jusqu’au 27 avril 1993. Le Congrès général du peuple (CPG), ancien parti au pouvoir en République arabe du Yémen, obtient cent vingt et un sièges ; al-Islah, nouveau parti de coalition islamique remporte soixante-deux sièges ; le Parti socialiste du Yémen (YSP), ancien parti unique de la République démocratique, gagne cinquante-six sièges.

Ces trois principaux partis forment une coalition au Parlement, ce qui permet au président et au Premier ministre de rester au pouvoir. Cette coalition éclate cependant, en avril 1994, après la rupture entre le président Saleh et le vice-président Ali Salem al-Beidh, originaire du Sud. Ce dernier proclame la sécession du Yémen-du-Sud en mai, provoquant ainsi une guerre civile qui s’achève avec la prise d’Aden en juillet, par les troupes fidèles au président Saleh. Réélu à la tête de l’État en octobre 1994, celui-ci met fin à la présidence collégiale et forme avec le parti al-Islah une nouvelle coalition, qui remporte à nouveau les élections d’avril 1997. En janvier 1998, le président Saleh s'autopromeut maréchal. Le soutien renouvelé qu’il apporte à ses proches, accusés de corruption, provoque la démission du président du Conseil, remplacé en mai 1998 par Abdulkarim al-Iryani.

La situation politique intérieure souffre également de la dégradation du climat économique et social : émeutes et pillages liés à une augmentation de 40 p. 100 des prix du pétrole en juin 1998, combats entre l'armée et diverses factions dans les régions du nord, bombardements de villages par l'armée, dynamitage du pipeline transportant le pétrole vers la mer Rouge en juillet puis en août 1998, attentats à la bombe sur le territoire de l'ancien Yémen-du-Sud. À ces multiples facteurs de troubles, l'État oppose une reprise en main autoritaire qui laisse peu de place au principal parti d'opposition, le parti islamo-tribal de la Réforme.

Le contentieux frontalier avec l’Arabie saoudite, portant sur des zones pétrolifères et aquifères, connaît un regain de tension en janvier 1995, mais le conflit armé est évité. Le renoncement yéménite sur les provinces perdues au profit de l’Arabie saoudite, en 1934, Asir, Najran et Jizan, est officialisé à La Mecque en février 1995. En revanche, en décembre 1995, l’Érythrée envahit l’île principale de l’archipel des Hanish. Ces îles, peu peuplées, contrôlent l’accès à la mer Rouge. Le conflit de souveraineté est soumis à un arbitrage international. En novembre 1998, l’île de la Grande Hanish est rendue à la souveraineté du Yémen. En septembre 1999, Ali Abdullah Saleh, président sortant, remporte la première élection présidentielle au suffrage universel, avec plus de 96 p. 100 des voix, à l’issue d’un scrutin boycotté par une partie de l'opposition.

Le président Ali Abdullah Saleh
Le président Ali Abdullah Saleh
Si le Yémen a mis fin à ses contentieux frontaliers avec l’Arabie saoudite (nouvel accord en juin 2000) et l’Érythrée, la situation économique en 2000 reste difficile et l’insécurité forte, en raison de la recrudescence des prises d’otages de touristes étrangers par des groupes islamistes. "Yemen" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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