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Essor du drame : de la tragi-comédie à la tragédie
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L’épanouissement du théâtre, genre encore négligé au début du siècle, doit beaucoup à Richelieu, qui souhaite l’utiliser à des fins de propagande. À Paris, l’unique troupe de théâtre, celle de l’Hôtel de Bourgogne, est bientôt concurrencée par la création, en 1634, du théâtre de l’Hôtel du Marais, puis par celle du théâtre du Palais-Cardinal en 1641.

La tragédie classique ne prend pas aussitôt sa forme régulière, mais grâce aux encouragements des institutions, des auteurs se révèlent dans des genres divers, notamment la pastorale, très prisée, qui situe une action sentimentale dans un cadre idyllique et dans laquelle s’illustrent des auteurs tels que Montchrestien (Bergerie, 1601) ou Jean Mairet (Silvanire, 1629).

 

La tragi-comédie s’impose peu à peu, à partir des années 1630, avec des auteurs tels que Jean de Schélandre (Tyr et Sidon, 1628), Jean de Rotrou et surtout Pierre Corneille, qui s’en révélera bientôt le maître. La tragi-comédie, si elle annonce la tragédie racinienne, relève encore du baroque par ses thèmes héroïques et spectaculaires, la verdeur de son langage et sa forme encore irrégulière.

Pierre Corneille se situe en fait à la charnière des deux tendances, baroque et classique, du siècle. Cet auteur, qui donne à la comédie ses lettres de noblesse en l’adaptant aux mœurs de son temps et à un public raffiné (Mélite, 1629 ; l’Illusion comique, 1636), s’illustre dans des genres divers, avec la volonté constante d’agir sur le spectateur, pour l’amener à réfléchir ou à s’émouvoir, contribuant ainsi à son édification morale.

La querelle que suscite son chef-d’œuvre, la tragi-comédie le Cid, en 1637, l’incite à adopter ensuite les principes de la tragédie régulière, caractérisée par une intrigue épurée — où les principales forces agissantes sont le destin et les passions —, et qui est dominée en outre par une vraie réflexion philosophique et morale.

Cette nouvelle orientation donne naissance aux autres grandes œuvres tragiques de Corneille, où l’on retrouve mis en œuvre le thème de l’héroïsme et le schéma du « cas de conscience » qui se pose déjà dans le Cid : Horace (1640), Cinna (1641) et Polyeucte(1642). Les autres principaux auteurs de tragédie de cette première moitié du siècle sont Tristan l’Hermite, Jean Mairet et Jean de Rotrou.

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Pierre Corneille
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