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L'adhésion de la Suisse à l'ONU en 1992 et la Suisse aujourd'hui
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Le 3 mars 2002, 54,6 % des électeurs suisses se déclarent en faveur de l’adhésion de leur pays à l’ONU. D’une grande portée symbolique, après les 76 % recueillis par le « non » en 1986, ce référendum fait de la Suisse le 190e État membre des Nations unies. Si elle disposait jusqu’alors d’un statut d’observateur, conformément à sa volonté de défendre une neutralité absolue, la Suisse est pourtant en 2002 le quatorzième pays contributeur de l’organisation internationale, et elle en abrite à Genève de nombreuses agences telles que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation internationale du travail (OIT), le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le siège européen de l’ONU.

 

Avec ce référendum historique, la Suisse fait le choix de devenir un État membre à part entière de l’ONU, à même de faire entendre sa voix au sein d’une structure universelle dont n’est quasiment plus absent que le Vatican.

Le 9 décembre 1998, la vie politique nationale est marquée par l’élection à la présidence tournante du pays de Ruth Dreifuss, première femme dans l’histoire de la Confédération helvétique à accéder à cette charge. Les élections législatives d’octobre 1999 marquent pour leur part la percée de la droite nationaliste. L’Union démocratique du centre (UDC), parti nationaliste et populiste dirigé par Christoph Blocher, remporte la majorité des voix et 44 sièges au Conseil national —dans un contexte régional marqué par le succès électoral du leader d’extrême droite Jörg Haider au même moment à Vienne. La démocratie suisse connaît une tragédie sanglante en septembre 2001, lors d’une fusillade perpétrée par un déséquilibré dans la salle du Conseil du parlement cantonal de Zoug et entraînant la mort de onze parlementaires et trois ministres.

Les élections législatives d’octobre 2003 entraînent la fin de la « formule magique », à l’œuvre depuis 1959. L’UDC s’impose en effet comme le premier parti suisse — il gagne des voix notamment en Suisse romande —, avec 55 sièges (+ 11). Fort de cette victoire, Christoph Blocher réclame un second siège pour sa formation politique au sein du Conseil fédéral.

Il y est élu au mois de décembre suivant, et devient ministre de la Justice et de la Police. Le PDC perd donc un siège et l’UDC en détient désormais deux. L’UDC, parti de droite populiste héritier du Parti des paysans, artisans et bourgeois (PAB), confirme ainsi l’importance croissante qu’il a prise depuis le milieu des années 1990 dans la vie politique suisse, en axant son discours ultralibéral et anti-européen sur les questions d’immigration, de sécurité et de démocratie directe dans un contexte marqué par une hausse du chômage et une baisse du pouvoir d’achat.

Seul parti à avoir appelé à voter « non », l’UDC remporte une nouvelle victoire avec le rejet par référendum en septembre 2004 d’un projet du gouvernement visant à faciliter

Christoph Blocher
Christoph Blocher
l’obtention de la nationalité suisse et introduisant le droit du sol dans la législation — les électeurs acceptent le même jour l’introduction d’un congé maternité payé. Au mois de juin 2005, les électeurs suisses, majoritairement ceux des cantons romands mais non des cantons alémaniques, votent en faveur de l’application des accords de Schengen, qui abolissent le contrôle systématique aux frontières. Lors du scrutin de 2007, l’UDC recueille le meilleur score de son histoire (62 sièges). Les socialistes, les écologistes et le centre s’allient toutefois pour voter contre le renouvellement du siège de conseiller fédéral de Christoph Blocher. "Suisse" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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