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La Roumanie entre les 2 guerres mondiales
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L’effondrement de la monarchie austro-hongroise rend possible la création de la « Grande Roumanie », consacrée par les traités de Saint-Germain (10 septembre 1919) avec l’Autriche et de Trianon (4 juin 1920) avec la Hongrie. Aux termes de ces traités, la Bucovine, la Transylvanie, le Banat oriental et la Bessarabie sont réunis à la Roumanie. Celle-ci fait plus que doubler sa superficie et sa population, avec 295 000 km2 et 16 300 000 habitants contre 138 000 km2 et 7 500 000 habitants en 1914.

 

La Roumanie devient un État centralisé et une démocratie parlementaire. Cet élargissement ne va pas toutefois sans difficulté. Les Hongrois sont nombreux à vivre en Transylvanie et dans le Banat. Le pays se retrouve dès lors confronté à des problèmes de minorités ethniques qui vont en s’accentuant avec la politique centralisatrice menée à partir de 1922 par le gouvernement roumain. D’autre part, la possession de la Bessarabie, contestée par l’Union soviétique, est une source constante de dissensions entre les deux pays.

Désireuse de préserver les acquis des traités de 1919 et 1920, la Roumanie conclut une alliance de défense mutuelle avec la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie (Petite-Entente, 1920-1922), et signe des accords avec la Pologne, la France, l’Italie, la Grèce et la Turquie.

Les troubles intérieurs s’amplifient et l’opposition au Parti libéral suscite l’émergence de nouveaux partis. Le plus influent est le Parti national paysan de Iuliu Maniu, dont le rayonnement ne cesse de croître dans une population à 80 p. 100 paysanne. Le Parti libéral réussit toutefois à garder le pouvoir jusqu’en 1928 en faussant régulièrement les élections. L’opposition des paysans au gouvernement entraîne des troubles politiques quasi incessants auxquels viennent s’ajouter des querelles dynastiques et un fort courant antisémite.

En 1925, le prince héritier, le futur Carol II, contraint par son père de renoncer à ses droits dynastiques, préfère s’exiler. La mort de Ferdinand (juillet 1927) est suivie d’élections libres ; en décembre 1928, le Parti national paysan obtient une majorité écrasante et Iuliu Maniu devient Premier ministre.

Il favorise le retour d’exil du prince héritier qui est proclamé roi en juin 1930. Hostile aux partis politiques, Carol II a pour ambition d’imposer son gouvernement personnel. Alors que la situation économique de la Roumanie se dégrade sous l’effet de la grande crise des années 1930, un nouveau parti, la Garde de Fer, fasciste et antisémite, multiplie les actions violentes. Aux élections de 1937, il remporte 16 p. 100 des suffrages. Des lois antisémites sont adoptées, les Juifs commencent à être victimes de pogroms. En février 1938, prétextant ces troubles, le roi Carol II abolit le régime parlementaire et établit une dictature royale.

Bien que son chef, Corneliu Zelea-Codreanu, soit emprisonné et exécuté, la Garde de Fer n’en continue pas moins son action terroriste. En mars 1939, le démantèlement de la Tchécoslovaquie met un terme à la Petite-Entente et contribue à l’isolement de la Roumanie à la veille de la Seconde Guerre mondiale, face à l’Allemagne hitlérienne, alliée à l’URSS par le pacte germano-soviétique d’août 1939.

"Roumanie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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Carol II (1893-1953), roi de Roumanie
Carol II (1893-1953), roi de Roumanie
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