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L'art français : l'époque romantique et réaliste en France
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Le romantisme sacralise l’individualité de l’artiste, génie inspiré dont le devoir est d'exprimer librement ses émotions et ses idéaux, sans se laisser entraver par la tradition — une attitude totalement contradictoire avec la rigueur scrupuleuse du classicisme et ses constants appels aux canons antiques. Si l’œuvre d’Ingres possède déjà quelques accents romantiques, le romantisme n’entre véritablement en scène qu’avec des tableaux comme le Radeau de la Méduse (1819, musée du Louvre) du peintre Théodore Géricault. Les couleurs orageuses et livides et le sujet lui-même (un naufrage survenu en 1816) annoncent une nouvelle ère picturale, caractérisée non seulement par une différence de style, mais aussi et surtout par un déplacement de la sensibilité.

Avec l’apparition de la notion d’avant-garde, il est de plus en plus naturel pour l'artiste de heurter le public et la critique par un positionnement « en avance sur son temps », qui destine sa peinture à être comprise seulement par une élite. Eugène Delacroix devient le plus célèbre des artistes romantiques, réalisant une série d'œuvres théâtrales et exotiques, dont la Mort de Sardanapale (1827, musée du Louvre). Les différences évidentes entre son approche et celle d'Ingres sont à l'origine d'un grand débat sur les mérites respectifs du dessin, que valorisent les classiques, et de la couleur, que sacralisent les romantiques. Ce débat, qui rejoint en somme les querelles du XVIIe siècle entre tenants du classicisme et tenants du baroque, marque le début d'une ère de contestation ouverte contre la peinture académique.

En marge de ces conflits artistiques, Jean-Baptiste Camille Corot apporte un souffle nouveau à la peinture de paysage, grâce à ses tableaux réalisés en plein air. Ses œuvres poétiques et spontanées, d’une facture douce et d’un modelé légèrement flou, sont d'abord peu appréciées, puis lui valent une grande réputation dans les années 1850. Il a une forte influence sur l'école de Barbizon, qui compte parmi ses membres Jean-François Millet et Théodore Rousseau. Ce groupe informel s'intéresse surtout aux paysages et aux scènes paysannes. Si certains tableaux de l'École de Barbizon, notamment ceux de Millet, ont été suspectés de connotations socialistes subversives, le potentiel politique de l'art est plus directement exploité et exprimé par Gustave Courbet.

Peinture du radeau de la Méduse
Le radeau de la Méduse. Photo Buchot
En 1850, Courbet peint l’étonnant Enterrement à Ornans (1849-1950, musée d'Orsay, Paris) qui représente d'humbles funérailles villageoises dans un format généralement réservé aux grandes scènes historiques. La rusticité des personnages, l'apparente grossièreté d’exécution et la vulgarité supposée du sujet outragent les critiques et le public. Artiste engagé, Courbet soutient que des scènes quotidiennes mettant en scène des gens simples sont tout aussi dignes de l'art que des images princières ou héroïques. L’esthétique réaliste de Courbet, théorisée dans son Manifeste du réalisme (1855), révolutionnera la peinture, libérant les artistes des styles et des sujets traditionnels."français, art" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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