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Le roman fantastique et historique au 19ème siècle
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L’autre aspect important du récit romantique est le roman historique. Le goût des romantiques pour le Moyen Âge et l’esthétique gothique est connu. On y distingue néanmoins deux grandes tendances : la tendance pittoresque, celle des romanciers qui ne cherchent, dans une image idéalisée ou romanesque du passé, qu’un cadre dépaysant à leurs intrigues, et la tendance sociale, plus réaliste et plus politique.

Le roman historique est représenté notamment par le Cinq-Mars (1826) de Vigny qui, en présentant une image très idéalisée d’un personnage ayant réellement existé, provoque d’âpres discussions sur le respect de la vérité historique au sein du roman. Mérimée s’illustre dans ce registre avec sa Chronique du règne de Charles IX (1829), puis avec Carmen (1845), affichant l’ambition, non pas d’appréhender les grands faits d’un siècle et de donner un sens à l’histoire, mais de restituer la vie quotidienne et les mentalités d’une époque.

 

Tandis qu’Alexandre Dumas (les Trois Mousquetaires, 1844 ; le Comte de Monte-Cristo, 1844-1846) et Eugène Sue (les Mystères de Paris, 1842-1843) profitent pleinement de la vogue du récit historique en produisant des romans-feuilletons à grand succès, Victor Hugo compose des romans historiques de plus en plus ambitieux, où le pittoresque, bien réel, est progressivement mis au service d’une réflexion sociale et politique : si Notre-Dame de Paris (1831) est encore marquée par l’influence de Walter Scott et le goût du spectaculaire et du dépaysement, les Misérables (1862) et Quatrevingt-Treize (1874) sont des récits dominés par les préoccupations politiques et sociales de l’auteur, par sa réflexion sur la marche de l’histoire.

Le romantisme noir cherche, dans l’histoire, à satisfaire son goût du mystère, de l’occultisme, voire du satanisme ;

particulièrement influencé par les œuvres allemandes et les romans gothiques (ou noirs) anglais, il donne des œuvres sombres, où le cadre gothique est davantage au service d’un univers fantastique que de la reconstitution d’une quelconque réalité historique. Petrus Borel, admiré plus tard des surréalistes, laisse des poèmes, mais surtout des contes (Contes immoraux, 1833) et des romans (Madame Putiphar, 1839) qui mettent en scène un univers onirique. Charles Nodier, chef de file des romantiques avant l’arrivée de Hugo, donne ses lettres de noblesse au conte fantastique (Smarra ou les Démons de la nuit, 1821). Gérard de Nerval, nourrissant son œuvre de sa culture hermétique comme de sa folie, construit des récits en prose poétique, dans une zone incertaine entre rêve et réalité, récits hantés par la mort des êtres chers et la nostalgie du bonheur perdu (Sylvie, 1853 ; Aurélia, 1855).

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Eugène Sue
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