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Histoire de l'Italie : le Risorgimento
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À l’issue des années françaises, seuls trois États sont parvenus à rester indépendants, du moins théoriquement, tant l’influence de Vienne se fait sentir : les royaumes de Naples, de Piémont-Sardaigne et les États du Saint-Siège. Mais la Révolution française a montré à l’Italie la faiblesse des régimes du passé. La Restauration, conduite par l’Autriche de Metternich, trouve des adversaires chez les patriotes libéraux, bourgeois, militaires et tous ceux qui veulent voir « resurgir » la nation italienne, d’où son nom de Risorgimento. Malgré la répression des souverains autocrates et les constantes menaces d’une intervention militaire autrichienne, des révolutions éclatent dès 1821. Conduites par des sociétés secrètes, comme celle des Carbonari, qui recrutent aussi bien en Italie qu’en France, ces mouvements se multiplient.

Les mouvements nationalistes en Italie
La Révolution de juillet 1830, qui chasse définitivement les Bourbons du trône de France, a des répercussions jusqu’en Italie. En 1831, après la mort de Pie VIII, des insurrections éclatent dans les États pontificaux. Un congrès de députés issus de ces régions (sauf Rome et quelques villes situées dans la Marche d’Ancône) siège à Bologne, adopte une Constitution et se dote d’un gouvernement républicain. À la demande du pape Grégoire XVI, l’Autriche, désormais rodée dans son rôle de gendarme de l’Italie, envoie des troupes afin d’écraser le mouvement et place Bologne sous surveillance militaire.

Lorsque le roi Félix de Sardaigne disparaît, en 1831, la couronne est offerte à Charles-Albert, prince de Savoie et du Piémont. Celui-ci, en 1821, pendant sa régence, a proposé d’accorder une Constitution à ses sujets. Croyant que ce nouveau roi restera attaché à ses idées libérales, Giuseppe Mazzini, un ardent patriote, membre des carbonari, le sollicite pour prendre la tête du sursaut révolutionnaire, mais le souverain décide de faire arrêter Mazzini. Malgré cet échec, les patriotes italiens continuent d’espérer en la monarchie sarde autour de laquelle l’unité italienne devra finalement se faire. Exilé à Marseille, en 1831, Mazzini fonde une nouvelle organisation Jeune Italie (en italien Giovine Italia) pour répandre ses idéaux nationalistes et républicains, et participer au vaste mouvement de libération et d’unification de l’Italie.

Elle est à l’origine de plusieurs insurrections, comme celle de Savoie, qui sont autant d’échecs. D’autres partisans choisissent le courant néoguelfe de Vincenzo Gioberti qui propose de faire l’unité de l’Italie autour du pape.

En 1846, les mouvements nationalistes et néoguelfes sont pris de court par l’élection du pape Pie IX, perçu comme un homme aux opinions libérales et nationalistes. En effet, il entreprend immédiatement un vaste programme de réformes dans ses États, qui le rend très populaire et qui tranche avec le conservatisme de ses prédécesseurs ; il amnistie les prisonniers et les exilés politiques, introduit la liberté de la presse, ouvre les plus hauts postes aux laïcs et crée une Assemblée consultative. Son exemple est suivi à Lucques, en Toscane et au Piémont.

Cependant, au lieu d’apaiser le mouvement révolutionnaire, les réformes de 1846 et 1847 l’intensifient. En janvier 1848, les habitants de Palerme se révoltent et chassent les soldats de Ferdinand II, roi des Deux-Siciles ; celui-ci décide alors de concéder une Constitution à ses sujets. À la même époque, Léopold II, le grand-duc de Toscane, dote également son duché d’une nouvelle Constitution et à Turin, le roi Charles-Albert, conseillé par Camillo Benso, comte de Cavour, promet des réformes. Craignant une crise politique, le pape Pie IX consent, à son tour, à adopter une Constitution dans les États pontificaux.

Ciro Menotti
Ciro Menotti. Encarta
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