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La renaissance allemande
Carnet Photographique Allemagne

La Renaissance, qui voit le jour à Florence au début du XVe siècle, influence peu l’architecture allemande jusqu’à la fin du XVIe siècle. Encore à cette époque, le sens de l’espace et la rationalité des proportions ne sont pas parfaitement assimilés en Allemagne. La résidence du duc Ludovic X, construite à Landshut (1537-1543) après son voyage à Mantoue, est l’un des rares édifices du pays qui suivent les canons de la Renaissance, en particulier dans les arcs et les fenêtres surmontées de tympans.

 

La sculpture allemande de la Renaissance allemande

Au début du XVIe siècle, la Réforme protestante condamne le culte des images saintes. Dans le sillage de cette ardeur iconoclaste, de nombreuses œuvres sont détruites, en particulier des sculptures. Même après la paix d’Augsbourg (1555), établissant officiellement la liberté de culte dans toutes les régions du Saint Empire romain germanique, les commandes se limitent à l’art profane pendant une période. Les ducs de Bavière, à Munich, et la riche famille Fugger, à Augsbourg, sont les grands mécènes de l’époque. Les plus illustres sculpteurs, Adrien de Vries et Hubert Gerhard, tous deux formés en Italie par le maniériste Giambologna, introduisent en Allemagne la tradition italienne de la statue individuelle grandeur nature.

Destinée aux espaces publics, elle s’inspire de thèmes allégoriques ou mythologiques, comme en témoigne la fontaine d’Auguste (1588-1594), réalisée par Hubert Gerhard pour la ville d’Augsbourg, et dont les figures de bronze symbolisent quatre rivières.
La peinture allemande de la Renaissance

Plus que les sculpteurs, les peintres se passionnent pour les apports novateurs de la Renaissance italienne. Pour la première fois, de nombreux artistes entreprennent le voyage transalpin, pour s’inspirer des productions de l’Antiquité et de la Renaissance. Parmi eux, le peintre et graveur Albrecht Dürer, après deux séjours dans le nord de l’Italie, diffuse les théories de la Renaissance italienne en Allemagne, défendant les idées humanistes, ainsi que la nouvelle approche mathématique et scientifique du rendu de l’espace. Ses xylographies et ses gravures sur métal révèlent l’étude de l’anatomie et des mouvements du corps humain, tandis que ses aquarelles et ses dessins de végétaux témoignent de sa passion pour la botanique et de sa profonde connaissance des cycles de la nature.

Dans les peintures à l’huile et les dessins à l’encre d’Albrecht Altdorfer et de Wolf Huber, tous deux représentants de l’école du Danube, le paysage est élevé au rang de sujet. Débarrassé des aspects mythologiques, religieux et historiques auxquels il était associé jusqu’à présent, il apparaît parfois totalement inhabité. Les petites scènes féeriques, reproduisant des vues de la région située entre Ratisbonne et Passau, sont considérées comme

Albrecht Dürer
Albrecht Dürer. Source http://freuch.unblog.fr
faisant partie des premiers exemples de peinture de paysage en Europe.

Lucas Cranach l’Ancien, dont les travaux exhalent souvent une atmosphère nordique, recourt au paysage en premier lieu comme fond pour ses portraits de dames et de cavaliers (en particulier les personnages de la cour de Frédéric III le Sage, électeur de Saxe). Cependant, à la différence d’Albrecht Dürer, la réalité est transfigurée par la mythologie et les personnages présentent encore la gaucherie et l’absence de proportions caractéristiques du style gothique.

Au XVIe siècle, l’Allemagne est la patrie de nombreux portraitistes. Outre Dürer, s’illustrent Hans Baldung, Hans Holbein le Jeune, Georges Pencz et Christoph Amberger, qui reviennent à la facture descriptive détaillée et à la technique picturale à effet d’émail ayant marqué les peintures allemande et hollandaise des époques précédentes. Dans la majeure partie des cas, les sujets sont traités avec une certaine froideur.

L’œuvre de Matthias Grünewald se distingue par son profond pathos. Dans son œuvre la plus ambitieuse, le Retable d’Issenheim (1512-1516, musée d’Unterlinden, Colmar), les figures extrêmement expressives, la gamme chromatique éclatante et la dimension dramatique ont souvent conduit à considérer l’auteur comme l’un des inspirateurs de l’expressionnisme du XXe siècle.

Hans Baldung
Hans Baldung. Source http://akvis.com
"Art allemand" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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