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Histoire de Taiwan : la présidence de Chen Shui-bian (2000-2008 )

Taiwan - Le voyage pour le plaisir

9/07/16

L'élection à Taiwan de l'an 2000

C’est dans ce contexte de regain de tension avec la Chine continentale qu’a lieu l’élection présidentielle de mars 2000. Elle est remportée par Chen Shui-bian, dirigeant du Parti démocrate progressiste (DPP) qui, avec 39,3 p. 100 des voix, devance largement le Guomindang, au pouvoir depuis cinquante et un ans. En faveur de « l’établissement d’une république de Taïwan souveraine et indépendante » et contre le principe « un pays, deux systèmes », le nouveau président appelle cependant au dialogue avec la République populaire pour « une réconciliation amicale ».

Lee Tenghui Source Encarta
Lee Tenghui

En septembre 2001, Taïwan finalise l’accord en vue de son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Chine venant d’y parvenir après quinze ans de négociations. Son entrée au sein de l’OMC est formellement entérinée lors de la quatrième conférence ministérielle de l’organisation internationale à Doha (Qatar) au mois de novembre suivant.

En décembre, le Parti démocrate progressiste (DPP) du président Chen Shui-bian remporte une victoire historique lors des élections législatives et devient la première formation politique du pays. En face, le Guomindang perd sa majorité au Parlement, mais il peut compter sur le soutien de son allié, le Parti du peuple en premier (People First Party, PFP). Si la victoire des indépendantistes constitue un soutien au président Chen Shui-bian, elle ne lui permet pas néanmoins de disposer d’une majorité absolue. En outre, les réactions de la Chine, discrètes dans un premier temps, restent une inconnue à plus long terme. Au mois de janvier 2002, Yu Shyi-kun, proche du président Chen Shui-bian et jusqu’alors Secrétaire de la présidence, est nommé Premier ministre, en remplacement de Chang Chun-hsiung. Les relations avec la Chine se tendent en mars 2003, lorsque l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), apparue sur le continent chinois à la fin de l’année 2002, touche Taïwan.

Détériorations des relations avec la Chine

Accusant les autorités de Pékin d’avoir dissimulé l’émergence de cette pneumonie atypique, le gouvernement de Taïwan déplore 84 morts sur les quelque 800 victimes du SRAS dans le monde. Le climat politique se détériore encore en 2004, avec l’élection présidentielle du mois de mars. Blessé lors d’une mystérieuse attaque à la veille du scrutin, le président sortant, Chen Shui-bian, est réélu de justesse le 20 mars avec seulement 50,11 p. 100 des suffrages, contre Lien Chan, le candidat du Guomindang. Vivement contestée par l’opposition, qui crie à la fraude, cette victoire est officialisée six jours plus tard. Le président, qui multiplie les revendications séparatistes, sort en outre affaibli des élections législatives suivantes (décembre 2004), marquées par un progrès du Guomindang. L’analyse de ces résultats peut mettre en lumière un souhait de modération au sein de l’électorat taïwanais, soucieux de ménager les autorités chinoises. Le règne de Chen Shui-bian s’achève lors des élections de mars 2008, qui voient le retour du Guomindang au pouvoir en la personne de Ma Ying-jeou et l’apaisement des relations avec la Chine, tandis que l’ancien président est déféré devant la justice ou corruption et blanchiement. Extrêmement dépendante du continent pour ses exportations et une partie de sa production, Taïwan est fortement impactée par la crise financière internationale, et entre en récession dès la mi-2008. © "Taiwan" source .