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Poésie française de la Renaissance
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Après les exercices de virtuosité des Rhétoriqueurs du XVe siècle, la poésie revient à un ton plus simple et naturel avec Clément Marot. Poète de cour, proche de Marguerite de Navarre, ce dernier est inquiété pour ses sympathies à l’égard de la Réforme et meurt en exil. Il est l’auteur de traductions (Ovide, Pétrarque) et se distingue par ses vers satiriques (l’Enfer, 1542), ses poèmes de circonstance (l’Adolescence clémentine) et par sa poésie lyrique. Il introduit le sonnet italien en France et invente la forme du blason (Blason du beau tétin, 1535).

L’école lyonnaise, d’inspiration pétrarquiste et néoplatoniste, témoigne également de l’influence italienne sur la poésie française. Maurice Scève, auteur d’un cycle amoureux plaintif, Délie, objet de plus haute vertu (1544), en est le chef de file. À ses côtés, Louise Labé, auteur d’élégies et de sonnets, se prononce en faveur d’une plus grande indépendance des femmes et revendique pour elles l’accès à l’éducation.

 

La Pleiade

Avec le manifeste poétique intitulé Défense et Illustration de la langue française (1549), de Joachim Du Bellay, le groupe de la Pléiade pose les fondements de la poésie moderne en affirmant la beauté singulière de la langue française ; il préconise aussi le renouvellement des formes et du vocabulaire poétiques. Rassemblés à des moments divers autour de Pierre de Ronsard, les principaux membres de la Pléiade sont le philologue Dorat, grand connaisseur des Anciens, Rémi Belleau, Jean Antoine de Baïf, Pontus de Tyard, Étienne Jodelle et Joachim Du Bellay.

Animateur du groupe, Pierre de Ronsard est considéré, de son vivant même, comme le plus grand poète lyrique de son temps.

Il pratique des genres divers, adapte l’ode antique et mythologique dans ses Odes (1550-1552), s’essaie brillamment au sonnet pétrarquiste dans ses Amours (1552-1553 et 1555-1556 pour les Continuations), compose des Hymnes savants (1555-1556) et divers Discours (1560-1563), ainsi qu’une épopée relatant l’origine du royaume de France, la Franciade (1572).

On fait souvent de Ronsard le chantre de l’amour par excellence ; sa poésie amoureuse est certes dominée par une certaine forme d’épicurisme, allant de pair avec une méditation sur la fuite du temps et sur la mort. Mais il est aussi un auteur érudit et un polémiste de talent.

Du Bellay, son rival et ami, brille surtout dans le ton du lyrisme plaintif et mélancolique ; on lui doit entre autres un recueil de sonnets, les Antiquités de Rome (1558), où il se livre à une méditation sur la grandeur de Rome pour mieux déplorer sa décadence. D’une tonalité plus intime, les poèmes des Regrets (1558) font état de la nostalgie de la France qu’il ressent lors de son séjour à Rome.

Si la poésie classique dénigre ce qu’elle considère comme les débordements lyriques et l’exubérance de la langue de la Pléiade, l’influence du groupe se fait pourtant sentir tout au long du XVIIe siècle et connaît même un regain d’intérêt au XIXe siècle avec le romantisme.

Ronsard
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