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Peinture et objets funéraires pendant les périodes Qin et Han en Chine
Carnet Photographique Chine

L’effondrement politique des Zhou est suivi d’une consolidation du pouvoir entre les mains de l’empereur Shi Huangdi, fondateur de la dynastie Qin (221-206 av. J.-C.) ; c’est du nom de cette première dynastie impériale que dérive celui de la Chine. Le puissant monarque est inhumé sous un tumulus de la province du Nord-Ouest, le Shaanxi. À proximité du tombeau ont été découverts quelque 8 000 guerriers et chevaux de terre cuite enfouis, chargés de protéger l’empereur défunt (voir Armée de terre cuite). Ces statues, soigneusement travaillées, ressemblent à l’un des régiments réels du souverain, avec des officiers parfaitement équipés, des conducteurs de chars, des archers et de jeunes fantassins. À l’origine, l’armée était peinte de couleurs vives (qui ont disparu avec le temps). Malgré l’abolition déjà ancienne des sacrifices humains lors des funérailles, le désir de protection dans le voyage vers l’au-delà demeure un élément important des pratiques funéraires.

 

Les souverains de la dynastie Han (206 av. J.-C.-220 apr. J.-C.) recueillent l’héritage de la dynastie Qin en 206 av. J.-C., à la faveur d’une révolte de la population. Ils gouvernent pendant plus de quatre siècles en exerçant une influence déterminante sur l’art chinois.
La peinture

La peinture, née à la fin de la dynastie Zhou, s’épanouit sous les Han. Les tombeaux constituent un support privilégié des artistes et des architectes ; on y retrouve les thèmes picturaux les plus courants, comme l’au-delà ou les légendes des héros du passé. La peinture Han nous révèle une expérience nouvelle en Chine : la restitution de l’espace et de la distance. Les premiers éléments descriptifs du paysage apparaissent également durant cette dynastie ; ils se limitent toutefois à de petits arbres ou à des montagnes. Les documents historiques nous révèlent que les portraits des empereurs ornent alors leurs somptueux palais et qu’ils font exécuter des peintures murales dans leurs résidences ; malheureusement, ces œuvres ont été perdues.

Tombes et objets funéraires
La décoration peinte des tombeaux ayant disparu, demeure l’architecture. La construction funéraire reflète la technique architecturale complexe de l’époque. Des systèmes élaborés de voûtes et de colonnes remplacent les structures de bois et de terre damée des dynasties précédentes. L’intérieur des tombes princières Han est meublé d’une grande variété de mingqi (« biens des esprits »), c’est-à-dire des répliques ou des substituts miniatures de biens réels, de serviteurs, d’animaux et de bâtiments. Lesmingqi sont le plus souvent réalisés en céramique peinte ou vernissée.

La multiplication des mingqi dans les tombes provoque une diminution qualitative des objets funéraires. Quelques exemples de la splendeur des Han rivalisent néanmoins avec les sépultures royales Shang. Les tombes du prince Liu Sheng et de son épouse Tou Wan (morts vers 120 av. J.-C.), découvertes à Mancheng (province de Hebei) en 1968, recelaient une exceptionnelle collection de laques, de soieries, de poteries et de bronzes dorés ou incrustés d’or. Les deux dépouilles princières reposaient chacune dans un linceul fait de 2 000 plaquettes de jade rectangulaires et cousues ensemble par des fils d’or [aujourd’hui encore, le jade est considéré en Chine comme un symbole de vie éternelle].

À la chute de la dynastie Han en 220 apr. J.-C. succède une phase de fragmentation.

Soldats de Shi Huangdi, période Qin (Chine)
Soldats de Shi Huangdi, période Qin (Chine). Encarta
Durant les quatre siècles qui suivent, des clans rivaux tentent de dominer des parties de l’empire ; c’est la période des Seize Royaumes du Nord et des Six Dynasties du Sud (220-589). Les systèmes philosophiques taoïste et confucéen ont entretenu, jusqu’à cette époque, différents thèmes et styles artistiques. Les scènes de piété filiale traduisent l’idéal confucéen. Les taoïstes, plus libres et attachés à la nature, préfèrent les paysages et les légendes traditionnelles. L’art chinois reçoit alors l’empreinte de philosophies et de courants religieux extérieurs. "Art chinois" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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