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Origines de L'UNESCO
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Demeurée jusque-là à l'écart des activités de l'I.I.C.I. (considérées comme servant avant tout le rayonnement culturel de la France), la Grande-Bretagne prit le relais en réunissant les gouvernements européens en exil à Londres dans le cadre d'une conférence périodique des ministres alliés de l'Éducation, à partir de novembre 1942.

Originellement vouée à étudier le problème de la reconstruction des systèmes éducatifs européens ruinés par la guerre, la Conférence s'ouvrit ensuite aux pays extra-européens (dont les États-Unis) et entreprit l'élaboration de la charte d'une organisation internationale spécialisée en matière d'éducation et de culture. Dès l'accomplissement de cette tâche (1945), le gouvernement britannique s'empressa de convoquer une conférence constituante à Londres. Cette hâte était motivée par la volonté de compromettre les projets de revitalisation de l'I.I.C.I. envisagés par les Français. Après d'âpres négociations, la France obtint d'être puissance co-invitante et de déposer un contre-projet d'« Organisation de coopération intellectuelle des Nations unies ». Les idées françaises n'eurent pas grand succès. Néanmoins, Paris fut choisi comme siège de l'U.N.E.S.C.O.

Les travaux de la conférence de Londres (au cours desquels le domaine de la science fut ajouté à ceux de l'éducation et de la culture) donnèrent naissance à l'Acte constitutif de la nouvelle organisation, texte qui entra en vigueur le 4 novembre 1946. L'Acte constitutif de l'U.N.E.S.C.O. définit un projet hybride dont les dispositions essentielles sont formulées dans un langage d'une obscure clarté. Il affirme ainsi que la raison d'être de l'Organisation est d'« atteindre graduellement [...] les buts de paix internationale et de prospérité commune de l'humanité en vue desquels l'Organisation des Nations unies a été constituée... ».

Il s'agit, plus précisément, de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l'éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d'assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous... ». On voit par là que l'éducation, la science et la culture ne sont pas des fins, mais de simples moyens destinés à asseoir la paix sur « le fondement de la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité ». L'U.N.E.S.C.O. procède d'ailleurs de la conviction célèbre selon laquelle « les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix » - idée que Paul Valéry avait déjà exprimée dans les années 1930 en faisant valoir qu'« une Société des esprits est la condition d'une Société des nations ».

Le palais de l'UNESCO
L'UNESCO à Paris. Encarta

Ce projet, où se marient singulièrement le politique, l'éthique et le fonctionnel, a fait l'objet de diverses critiques dont la plus célèbre reste sans doute celle de Benedetto Croce qualifiant l'U.N.E.S.C.O. d'« institution erronée ». En fait, il n'est pas excessif de soutenir que l'Organisation naquit avec une crise d'identité qui n'a jamais été totalement surmontée.

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