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Histoire du Panama : Le régime de Manuel Antonio Noriega
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À partir de l’indépendance, la vie politique du Panamá connaît des soubresauts, les relations souvent tendues avec le voisin américain étant un enjeu important. Ainsi, les revendications nationalistes et anti-américaines génèrent-elles en 1959, puis en 1964, de violentes émeutes. En 1968, à la suite d’une série d’élections contestées et de crises constitutionnelles, le général Omar Torrijos, commandant de la garde nationale, renverse le président Arnulfo Arias et s’empare du pouvoir. Il obtient en 1977 la ratification par le Sénat américain d’un traité signé par le président Jimmy Carter qui prévoit le rétablissement, en plusieurs étapes échelonnées jusqu’à l’an 2000, de la souveraineté panaméenne sur la zone du canal de Panamá. Les États-Unis continuent de garantir sa neutralité.

À suite de la mort accidentelle de Torrijos, en 1981, son ministre de la Défense, le général Manuel Antonio Noriega, devient de plus en plus influent. En 1988, Eric Arturo Delvalle, devenu président en 1985, essaie de chasser Noriega, lequel, par la suite, destitue Delvalle. Noriega gouverne en tant que chef de l’Assemblée nationale et décrète l’état d’urgence. Après avoir permis le déroulement d’élections en mai 1989, il s’oppose à l’entrée en fonction du nouveau président élu, Guillermo Endara (l’un de ses adversaires politiques).

Le régime de Noriega devient de plus en plus répressif et corrompu. Les relations avec les États-Unis se détériorent, le président américain George Bush appelant en mai 1989 l’armée et le peuple panaméens à renverser Noriega.

En octobre 1989, une tentative de coup d’État contre Noriega échoue, et le 20 décembre de la même année, les États-Unis envoient des troupes au Panamá (opération « Juste Cause »). Noriega se réfugie dans la nonciature du Vatican, mais il est extradé aux États-Unis. Reconnu coupable de trafic de drogue, Noriega est condamné, en 1992, à y purger une peine de prison de quarante ans.

L’invasion du Panamá, qui constitue l’intervention militaire américaine la plus importante depuis la guerre du Viêt Nam, se révèle traumatisante et controversée. Si elle viole à la fois le droit international et la politique américaine de non-intervention dans les affaires intérieures d’un État, elle est cependant bien accueillie par une majorité de Panaméens, pour qui elle apparaît comme le seul moyen d’éliminer un dictateur soutenu pendant des années par les États-Unis. Mais les conséquences de l’opération Juste Cause sont dramatiques pour les civils. En s’attaquant au quartier général de Noriega, à Panamá, les troupes américaines touchent aussi les quartiers avoisinants, laissant sans abri des centaines d’habitants. Officiellement estimé à environ 500, le nombre de Panaméens tués lors de l’intervention américaine est chiffré à plusieurs milliers par les organisations de défense des droits de l’homme.

"Panama" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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Manuel Noriega
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