Carnet Photographique : le Canada
L’Italie fasciste et la mise en place du fascisme
Carnet Photographique Italie

Habilement, Mussolini dirige d’abord le pays en respectant les lois. Il se veut légaliste et légitimiste et forme, en 1923, un gouvernement de coalition (libéraux, nationalistes, catholiques), majoritaire aux élections de 1924. L’indignation soulevée par l’assassinat, le 10 juin, du député socialiste Giacomo Matteotti par des hommes de main de Mussolini, les squadristes, aurait pu renverser la situation, mais l’opposition ne saisit pas l’occasion.

Peu à peu, Mussolini opère la « fascisation de l’État » sans rencontrer d’autre résistance que celle des socialistes et des communistes déjà laminés par la répression. Le Parlement se voit interdire l’initiative des lois, puis il est invité à autoriser le Duce (le « Guide », équivalent du « Führer » allemand) à gouverner par décret. La liberté de la presse est supprimée en 1926 et les partis d’opposition, interdits.

Naissance du fascisme
Le régime mis en place par Mussolini est une dictature antiparlementaire et antidémocratique. Les fascistes instaurent toute une série de mesures destinées à encadrer au maximum la société italienne. Dès janvier 1923, la Milice fasciste est instituée.

La même année, le philosophe officiel du régime Giovanni Gentile, ministre de l’Instruction publique, réforme le système scolaire et universitaire en instituant des manuels uniques. Tout en promouvant une politique nataliste, l’État embrigade la jeunesse dans des organisations paramilitaires dès l’âge de quatre ans : les Fils de la louve, de quatre à huit ans, Balilla de huit à dix-huit ans. En 1927, la charte du Travail, qui regroupe les salariés dans des corporations, est censée régler l’antagonisme entre capital et travail. Le pouvoir législatif est détenu, en théorie, par le Sénat et la Chambre des députés, mais surtout par le Grand Conseil fasciste créé en 1923. Cette instance décisionnaire suprême du parti reçoit pour mission d’opérer la sélection des futurs députés et d’être consultée sur le choix de l’héritier du trône et du successeur de Mussolini.

En 1939, la Chambre des députés est transformée en Chambre des faisceaux et corporations.

Sur le plan diplomatique, le régime de Mussolini connaît l’un de ses plus grands succès en février 1929, lors de la signature des accords du Latran entre l’État italien et le Saint-Siège. Par ce traité qui met fin à soixante ans de querelles, l’Italie reconnaît l’indépendance territoriale de la cité du Vatican, de la basilique Saint-Pierre et d’un certain nombre d’autres édifices, tandis que le pape renonce définitivement aux terres de l’État pontifical. En échange, le Saint-Siège obtient 2 milliards de lires, la validité civile du mariage religieux, l’enseignement religieux dans les écoles et la reconnaissance du catholicisme comme religion d’État. À partir de 1932, l’inscription au parti devient obligatoire pour les candidats à la fonction publique. En matière économique, l’État intervient de plus en plus dans la vie du pays, favorisant le protectionnisme.

Giacomo Matteotti
Giacomo Matteotti. Encarta
La création, après la crise de 1929, de l’IRI, l’Institut pour le renflouement des grandes entreprises, évite une aggravation de la récession économique. L’État réorganise les industries du fer et de l’acier, modernise les centrales hydroélectriques, favorise les industries d’armement et lance de grands travaux d’intérêt général, comme la bonification des plaines insalubres, la construction d’autoroutes, et toutes sortes de défis à relever par la nation : la « bataille de la lire », la « bataille du blé », etc. "Italie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
http://fr.encarta.msn.com © 1997-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.
Recherche personnalisée