Carnet Photographique : le Canada
Histoire du Népal : l’escalade de l’insurrection maoïste
Carnet Photographique Népal

La guérilla maoïste, qui gagne en importance depuis quelques mois, renforce ses attaques au lendemain du massacre de la famille royale. Le nouveau roi fait intervenir l’armée. Le Premier ministre Girija Prasad Koirala, accusé de ne pas être suffisamment ferme à l’égard de la guérilla, présente sa démission au mois de juillet 2001. Il est remplacé par Sher Bahadur Deuba, qui a déjà dirigé le gouvernement entre 1995 et 1997. Le nouveau Premier ministre, dans ce climat politique profondément déstabilisé, se prononce aussitôt en faveur du dialogue avec la guérilla, annonce qui aboutit très rapidement à un accord de cessez-le-feu, dans l’attente de négociations de paix. Mais les négociations butent au bout de quelques mois sur l’exigence des rebelles de modifier la Constitution afin d’instituer une république. Ils lancent alors une offensive d’une ampleur inédite, tuant plus de 200 membres des forces de sécurité au mois de novembre 2001 et faisant exploser deux bombes dans une usine de la société Coca-Cola à Katmandou. Le roi du Népal décrète l’état d’urgence, prévu par la Constitution, dans tout le pays et fait intervenir l’armée, restée jusque-là en dehors du conflit, contre la guérilla maoïste.

En juin 2002, après plusieurs mois de combats et des centaines de victimes dans les deux camps, les autorités népalaises ne sont pas parvenues à bout de la guérilla, qui résiste dans l’ouest du pays. Le Premier ministre Sher Bahadur Deuba obtient du roi Gyanendra la dissolution du Parlement, qui est opposé à la poursuite de l’état d’urgence.

Des élections législatives sont prévues pour le mois de novembre suivant. Face à une intensification des hostilités, le Premier ministre demande le report du scrutin ; le roi le limoge au mois d’octobre pour « incompétence », et repousse les élections législatives à une date indéterminée. Après s’être temporairement octroyé les pouvoirs exécutifs, le roi Gyanendra nomme Lokendra Bahadur Chand, ancien Premier ministre (1995-1997) et monarchiste fidèle, à la tête du gouvernement. Tandis que le pays connaît une grave crise politique et institutionnelle — l’opposition considère comme illégitime un gouvernement intérimaire excluant les partis représentés dans l’ancien Parlement dissous —, des progrès importants sont enregistrés sur le front de la rébellion : en janvier 2003, le gouvernement népalais et les rebelles maoïstes s’accordent sur un cessez-le-feu et sur la reprise des négociations.

Confronté à une forte opposition, Lokendra Bahadur Chand démissionne au mois de mai ; il est remplacé par un autre monarchiste, Surya Bahadur Thapa, déjà Premier ministre à quatre reprises. La rupture de la trêve au mois d’août — les rebelles maoïstes réclament l’instauration d’une Assemblée constituante tandis que le gouvernement refuse toute concession sans un désarmement préalable —, plonge de nouveau le Népal dans l’incertitude et la violence. Sher Bahadur Deuba redevient Premier ministre en juin 2004 avec la mission d’organiser des élections et de trouver une issue au conflit avec les maoïstes, mais il est finalement limogé par le roi en février 2005, qui prend le contrôle du pouvoir exécutif et décrète l’état d’urgence. Celui-ci est levé au mois d’avril suivant, mais le roi conserve les pleins pouvoirs.

Au début du mois d’avril 2006, le pays est secoué par un important mouvement de protestation populaire contre le souverain et en faveur de la démocratie, soutenu par les partis parlementaires (réunis au sein de l’Alliance des sept partis politiques) et par la rébellion maoïste. Sous la pression de cette mobilisation de masse, d’abord durement réprimée, le roi Gyanendra est contraint de rétablir le Parlement le 24 mai 2006 et d’accepter la candidature au poste de Premier ministre du chef du principal parti d’opposition, Girija Prasad Koirala. Dans les mois qui suivent, le roi voit ses prérogatives drastiquement réduites par le Parlement jusqu’à ne plus conserver qu’un rôle protocolaire. Le 21 novembre 2006, après la mise en œuvre d’un cessez-le-feu bilatéral, le Premier ministre Girija Prasad Koirala signe avec le chef des rebelles maoïstes, Pushpa Kamal Dahal (également connu sous son surnom Prachanda, « le Féroce »), un accord de paix destiné à mettre fin à un conflit ayant fait 13 000 morts en dix ans.

roi Gyanendra

Le roi Gyanendra
Cet accord prévoit notamment la dissolution du Parlement, remplacé par un gouvernement intérimaire auquel doivent participer les rebelles maoïstes et qui a pour mission de préparer l’élection d’une Assemblée constituante, et la disparition des administrations mises en place par la guérilla dans les zones sous son contrôle. "Népal" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
http://fr.encarta.msn.com © 1997-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.
Recherche personnalisée