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Le Honduras dans l’Amérique centrale d’aujourd’hui
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En 1933, Tiburcio Carías Andino, soutenu par la United Fruit Company, parvient au pouvoir et exerce une dictature énergique jusqu’en 1948. Juan Manuel Gálvez lui succède et entreprend de moderniser le pays. Sa politique engendre une grève générale des ouvriers des plantations bananières, en 1954. Cette grève marque le déclin de l’influence de la United Fruit. C’est sous la présidence de Gálvez que le Honduras adhère à l’Organisation des États de l’Amérique centrale.

En 1954, un régime démocratique est mis en place et le libéral Ramón Villeda Morales devient président de la République. Il fait adhérer le pays au Marché commun centre-américain (MCCA) et lance des programmes en faveur d’une réforme agraire et de l’éducation. En 1963, sa politique contestée, associée à l’appréhension provoquée par la montée du communisme à Cuba, débouche sur un coup d’État, conduit par le colonel Osvaldo López Arellano.

Sous son régime, l’économie déjà fragile du Honduras sombre un peu plus, à la suite de la courte mais coûteuse guerre contre le Salvador, en 1969. La raison du conflit était la présence illégale, au Honduras, de 300 000 travailleurs salvadoriens. En 1975, les forces armées aident le colonel Juan Alberto Melgar Castro à prendre le pouvoir, mais trois ans plus tard, il est évincé par le colonel Policarpo Paz García.

À la fin des années 1970 et dans les années 1980, le problème central du Honduras est l’instabilité politique qui règne dans les pays voisins. En 1980, Paz García signe donc un traité de paix avec le Salvador.

Lors de l’élection de novembre 1981, le candidat du Parti libéral, Roberto Suazo Córdova, remporte la présidence, marquant le retour des civils au pouvoir. Les militaires, cependant, gardent une influence considérable. Le Honduras devient une base pour les guérilleros luttant contre le gouvernement du Nicaragua et les États-Unis entreprennent alors une série d’exercices militaires, afin d’entretenir une pression supplémentaire sur le gouvernement sandiniste.

En 1985, le libéral José Simón Azcona Hoyo est élu président. Il est remplacé par le conservateur Rafael Leonardo Callejas, en 1989. Son gouvernement est accablé par des grèves, alors qu’il est aux prises avec une situation économique désastreuse. En 1993, le libéral Carlos Roberto Reina remporte l’élection présidentielle face à Callejas. Il s’engage dans la voie des réformes économiques et des mesures d’austérité.

En novembre 1997, Carlos Flores Facussé, candidat du Parti libéral, est élu président. Entré en fonction en janvier 1998, il s’engage à suivre le plan d’ajustement structurel imposé par le FMI, mais les prévisions optimistes, dues à la légère reprise économique, sont remises en cause après le passage de l’ouragan Mitch en octobre 1998. C’est une catastrophe sans précédent qui affecte l’Amérique centrale et en premier lieu le Honduras où

Carlos Roberto Reina
Carlos Roberto Reina
elle fait plusieurs milliers de victimes et détruit la moitié des infrastructures agricoles. La croissance est stoppée et les exportations durement affectées. En janvier 1999, un civil est nommé ministre de la Défense. Son investiture fait suite à une réforme constitutionnelle qui concourt à la démilitarisation du régime en supprimant le poste de commandant en chef des forces armées.
Ricardo Maduro et Kofi Annan
Le début de l’année 2001 est marqué par des incidents armés qui éclatent à la frontière avec le Nicaragua. Ils font suite à la tension opposant les deux pays depuis que le Honduras a ratifié en 1999 un traité fixant sa frontière maritime avec la Colombie, qui revient à reconnaître la souveraineté colombienne sur les îles de la mer des Caraïbes, revendiquées par le Nicaragua. En novembre 2001, le candidat du Parti national (PN), Ricardo Maduro est élu président de la République face à son principal adversaire, Rafael Pineda, du Parti libéral (PL). Économiste formé aux États-Unis, âgé de cinquante-cinq ans, ancien président de la Banque centrale du Honduras, Ricardo Maduro axe sa campagne sur la lutte contre l’insécurité. Il souhaite aussi engager davantage l’économie du Honduras sur la voie du libre-échange, alors que 80 p. 100 de la population vit en
Ricardo Maduro et Kofi Annan
dessous du seuil de pauvreté et que les conséquences de l’ouragan Mitch de 1998 se font toujours sentir dans le pays. Sur le plan économique, il parvient à l’annulation de plus de la moitié de la dette extérieure du Honduras dans le cadre de l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (IPPTE) et à la signature d’un traité de libre-échange avec les États-Unis en mai 2003. Le volet sécuritaire de sa politique s’incarne dans le vote en 2003 d’une loi « anti-maras » (gangs de jeunes armés) — le Honduras présente le taux d’homicides le plus élevé des Amériques. En novembre 2005, Manuel Zelaya, du Parti libéral (PL, opposition de droite) est élu président de la République face à Porfirio Lobo. Riche propriétaire terrien, âgé de cinquante-trois ans, Manuel Zelaya doit à son tour faire face au chômage et à la violence endémiques. Élu pour quatre ans sur un programme plutôt « de droite », il opère un net virage à gauche dès l’année suivante, en se rapprochant notamment de personnalités politiques comme Hugo Chávez ou Evo Morales. Alors que Manuel Zelava souhaite briguer un second mandat en 2009, une crise éclate, aboutissant à son éviction par l’armée, à la demande de la Cour suprême. "Honduras" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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