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Histoire du sultanat d'Oman
Carnet Photographique Oman

La province du Dhofar fut autrefois célèbre pour son encens vendu à travers l'Ancien Monde. Par sa situation géographique, la région entretenait des relations commerciales avec la Mésopotamie, la Perse et l'Inde. L'actuel Oman est probablement ce « pays de Magan » mentionné dans les tablettes sumériennes au IIIe millénaire avant notre ère. Dominées brièvement par la Perse après 536 av. J.-C., soumises à l'islam au VIIe siècle, les tribus arabes d'Oman se rallièrent, en 751, au kharijisme, mouvement dissident à l'origine de l'assassinat d'Ali, quatrième calife et gendre du Prophète, et élurent leur premier imam. En dépit des tentatives du calife Haroun al-Rachid, le pays ne regagna jamais l'orthodoxie sunnite. Au Xe siècle, les qarmates conquirent le pays, occupé plus tard par les Seldjoukides.

Les marins omanais dominaient le commerce avec l'Inde et l'Asie. Mais à partir du XVIe siècle, la concurrence européenne se fit plus rude. Les Portugais s'emparèrent de Mascate en 1508, puis d'Ormuz en 1519. Ils contrôlaient ainsi le golfe Arabo-Persique mais durent lutter contre les Anglais, les Hollandais et les Iraniens. Ce furent cependant les Arabes d'Oman qui les contraignirent à quitter la région en 1650. De pays colonisé, Oman se transforma en pays colonisateur, reprenant aux Portugais toutes leurs possessions, dans le golfe Arabo-Persique et jusqu'à la côte orientale de l'Afrique. Oman exerça une tutelle sur l'île de Zanzibar jusqu'au XIXe siècle. De là, les Omanais participèrent activement à la traite négrière. Oman conquit également Bahreïn sur les Iraniens.

En 1737, les Iraniens conquirent Oman, dont ils furent expulsés six ans plus tard par Ahmad ibn Saïd. L'un de ses descendants renversa l'imam en 1793 et fonda le sultanat de Mascate. La dynastie est demeurée au pouvoir jusqu'à nos jours. En 1798, la Grande-Bretagne, qui voulait ainsi s'assurer le contrôle de la route des Indes, au détriment de la France, signa un traité d'amitié avec le sultan.

Sous le règne de Saïd ibn Sultan, dans la première moitié du XIXe siècle, Oman développa ses possessions africaines. En 1830, la capitale du sultanat fut transférée à Zanzibar. À la mort de Saïd, en 1856, le pays fut divisé en deux royaumes, celui de Mascate-et-Oman et de celui de Zanzibar, qui allait passer sous protectorat britannique en 1890.

Les Britanniques profitèrent également de l'affaiblissement économique du sultanat de Mascate-et-Oman, lié à l'abolition du trafic d'esclaves à Zanzibar, et de la contestation menée par les tribus de l'intérieur. En 1913, le rétablissement de l'imamat ibadite fut suivi d'une partition entre Mascate et Oman. La rébellion des tribus de l'intérieur, entraînées par l'imam Salim ibn Rachid, provoqua, de 1915 à 1920, une guerre civile et l'intervention des forces britanniques, à la demande du sultan. Le même scénario se reproduisit en 1955, après la découverte de terrains pétrolifères dans l'oasis de Bureimi. L'événement, cette fois, prit une dimension régionale. L'ancien imam Ghaleb ibn Ali, qui prétendait au rétablissement de l'imamat et revendiquait des droits sur l'oasis, reçut le soutien de l'Arabie saoudite, laquelle espérait étendre son territoire sur les abords orientaux de l'Ar Rub‘ al Khali. L'Égypte et la plupart des États arabes soutinrent le sultan. La rébellion fut étouffée en 1957 avec l'appui des troupes britanniques.

Un nouveau conflit éclata en 1963 au Dhofar, où, armée par le Yémen-du-Sud, la Chine et l'Union soviétique, une guérilla marxiste s'opposa, jusqu'en 1975, au sultan Saïd ibn Taymur. Celui-ci, monté sur le trône en 1932, devait également compter avec ses héritiers. Il fut renversé par son fils, Qabus ibn Saïd, lors d'une révolution de palais en 1970. Ce dernier entreprit de moderniser le pays, qui devint le sultanat d'Oman. S'il obtint l'aide des Britanniques pour écraser la rébellion du Dhofar, Qabus ibn Saïd maintint la politique d'indépendance de son pays et sa particularité au sein du monde arabe. Ainsi, Oman ne rompit jamais ses relations avec l'Égypte, après la signature d'un accord de paix entre ce pays et Israël, en 1979. De même, le sultan tenta constamment de maintenir des relations cordiales tant avec l'Irak qu'avec l'Iran. Oman ne participa que discrètement à la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe.

Forteresse d'Oman

Forteresse d'Oman. Encarta
En septembre 1994, le sultan reçut la visite du ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati. Trois mois plus tard, contre l'avis de la plupart de ses partenaires du Conseil de coopération du Golfe, il reçut la visite officielle du Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin. Malgré cela, et bien que le sultanat n'ait pas boycotté la Conférence économique pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord qui s'est tenue à Doha en novembre 1997, ses relations avec Israël restent tendues. Un bureau de représentation diplomatique a été ouvert à Gaza le 22 juillet 1997. "Oman" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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