Carnet Photographique : le Vietnam
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La guerre d'Indochine

Carnet photographique - Vietnam
6/10/15

Le Vietnam en guerre

Roosevelt étant favorable à la décolonisation, le Viêt-minh pense profiter de la neutralité bienveillante des États-Unis. À la conférence de Potsdam, en juillet 1945, il a été décidé que Chinois et Britanniques désarmeraient les soldats japonais et occuperaient le pays jusqu’à un règlement. Mais la Grande-Bretagne,  aux prises dans ses anciennes colonies avec les mêmes difficultés que la France, laisse les Français reprendre Saïgon. Dès le 24 mars 1945, une fédération indochinoise est instituée au sein de l’Union française ; elle comprend le Laos, le Cambodge, la Cochinchine, l’Annam et le Tonkin. L’arrivée, en octobre 1945, du général Leclerc permet de réoccuper Hanoï et de réaffirmer la souveraineté française sur l’ensemble du Viêt Nam.

Pendant plus d’un an, les Français et le Viêt-minh négocient. Le 6 mars 1946, par l’intermédiaire de Jean Sainteny, la France reconnaît la République démocratique du Viêt Nam comme un État libre au sein de l’Union française et de la Fédération indochinoise ; mais le haut-commissaire en Indochine, l’amiral Thierry d’Argenlieu, fait proclamer à Saïgon, le 1er juin 1946, une république autonome de Cochinchine, amenant le général Leclerc à démissionner. De nouvelles négociations se déroulent à Fontainebleau entre les mois de juillet et de septembre 1946, mais elles échouent. En novembre 1946, l’impasse est complète et la pression militaire française de plus en plus forte. Après l’assassinat de plusieurs Français à Haiphong (20 novembre), le bombardement de la ville par la flotte française (23 novembre) et la riposte des forces du Viêt-minh à Hanoï (19 décembre), la guerre entre dans une nouvelle phase.


Les troupes du Viêt-minh se retirent des villes et limitent leurs opérations à des actions de guérilla, menées par le général Giap tandis que les Français forment un gouvernement avec l’empereur Bao Dai (accords du 5 juin 1948 et du 8 mars 1949). À partir de 1950, le Viêt-minh, bénéficiant des stocks de l’armée du Guomindang offerts par la Chine populaire, monte des opérations plus ambitieuses et inflige des pertes sévères au corps expéditionnaire français, comme lors de la bataille de la route coloniale 4.

Le redressement opéré à Hanoï, dans le delta tonkinois et à Hoa Binh, par le général de Lattre de Tassigny, en 1952, grâce notamment à la nouvelle aide américaine, n’est qu’un répit de brève durée. Le lent grignotage des positions françaises (dirigées par le général Salan, puis par le général Navarre) se poursuit jusqu’à l’ultime bataille de Diên Biên Phu (7 mai 1954).

Paris ne pouvant plus résister à la pression d’une opinion publique lassée par une guerre lointaine, le président du Conseil, Pierre Mendès France, et le représentant du Viêt-minh, Pham Van Dông, signent, à Genève, les 20 et 21 juillet 1954, les accords de cessez-le-feu. Le Viêt Nam est divisé en deux à la hauteur du 17e parallèle ; dans le nord, l’administration est attribuée à Hô Chí Minh, à la tête de la République démocratique du Viêt Nam, État communiste.

Võ Nguyên Giàp
Võ Nguyên Giàp
Un protocole prévoit des élections générales dans la zone sud, occupée par l’armée française et les troupes vietnamiennes de Bao Dai, avant le mois de juillet 1956, afin de décider si le Viêt Nam doit être réunifié. "Vietnam" © Ecrit par Les sources utilisées sont Encarta, LeMonde et Wikipedia.