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Flaubert, le « maître du réalisme »
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Le roman de la seconde moitié du XIXe siècle se place résolument sous la bannière réaliste, cependant que des auteurs comme Champfleury (le Violon de faïence, 1862) tentent de théoriser les principes du « réalisme » et de le constituer en véritable mouvement littéraire. Au même titre que la peinture de Gustave Courbet, les vaudevilles d’Eugène Labiche ou les drames d’Alexandre Dumas fils, les romans réalistes ont surtout en commun d’être profondément marqués par le positivisme, et de donner à voir une certaine réalité historique, économique et sociale.

Les romans d’Edmond et de Jules de Goncourt sont les premiers, sans doute, à proposer des « études de cas » ; le plus connu de leurs récits, Germinie Lacerteux (1865), fruit de longues enquêtes, est salué par Zola ; décrivant l’aliénation progressive et irréversible d’une servante, ce texte marque notamment l’irruption de la classe ouvrière au rang des héros littéraires. Pourtant, les Goncourt n’adoptent pas un style propre à la réalité qu’ils prétendent décrire : c’est tout en se posant comme les représentants du « style artiste », élégant et raffiné, qu’ils prétendent voir le réel avec une rigueur scientifique.

 

Les conventions académiques qui entravent une part de la production réaliste, celle qui donne naissance, dans le pire des cas, à des récits misérabilistes et complaisants, sont dépassées par Flaubert et par Zola.
Flaubert

Comme homme et comme romancier, Gustave Flaubert se trouve à la croisée de deux aspirations contradictoires : une tendance lyrique, héritée du romantisme, et une tendance réaliste, c’est-à-dire une obsession de dire le réel. Le réalisme de Flaubert se manifeste de diverses façons : recours à une importante documentation, goût prononcé pour la description (qui donne à voir le réel, qui est mimétique), refus des facilités du « romanesque » allant de pair avec l’usage d’une ironie féroce (à l’égard des rêveries littéraires d’Emma, des rêveries héroïques de Frédéric, etc.). Pourtant, il se distingue des autres romanciers réalistes par son souci du style : en effet, s’il veut comme eux « peindre le dessus et le dessous des choses », ce n’est pas au détriment du style,

mais grâce à lui — le style étant, chez lui, ce qui rend possible l’art réaliste, puisqu’il est « à lui seul une manière absolue de voir les choses ».

Ses romans, s’ils rendent compte de la réalité historique et sociale d’une époque, le font non pas sous la forme d’un tableau embrassant tout un horizon, comme la Comédie humaine de Balzac, mais à travers l’itinéraire (en forme d’échec) de ses personnages. C’est notamment le cas dans Madame Bovary (1857) et dans l’Éducation sentimentale (1869).

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Gustave Flaubert
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