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Histoire serbe : L’éclatement de la Yougoslavie
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Une réforme de la Constitution, en mars 1989, supprime l’autonomie qui a été accordée au Kosovo et à la Voïvodine ; deux mois plus tard, Slobodan Milošević devient président de la Serbie. En janvier 1990, la Ligue communiste de Yougoslavie accepte d’abandonner son monopole du pouvoir politique ; des élections multipartites, les premières depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, peuvent alors être organisées dans les six républiques de la fédération.

En décembre 1990, Slobodan Milošević est réélu président de Serbie. Ancien dirigeant du Parti communiste, il se pose en chantre du nationalisme et de la protection des intérêts serbes, faisant référence à la « Grande Serbie » — c’est-à-dire la réunion au sein d’un seul territoire de tous les Serbes — et s’appuyant sur un mémorandum de l’Académie des sciences et des arts de Serbie, publié en 1986, qui dénonce l’héritage de Tito, le découpage en républiques et prône le retour à un centralisme qui donne à la Serbie un rôle prépondérant. Ces idées sont, pour la plupart, soutenues par l’Église orthodoxe serbe. Encarta

La province autonome du Kosovo est la première à subir les conséquences de cette orientation politique. En 1989, Slobodan Milošević commence par décréter la loi martiale au Kosovo ; en 1991, une majorité d’Albanais s’étant prononcée pour l’indépendance, le gouvernement serbe suspend la législature de cette province et l’administre directement avant d’imposer aux Albanais des mesures discriminatoires. L’opposition se réunit autour d’Ibrahim Rugova. La même année, l’autre province autonome de Serbie, la Voïvodine, où vit une minorité hongroise importante, perd également sa législature. En juin 1991, la Croatie et la Slovénie, suivies bientôt par la Macédoine (septembre 1991), proclament leur indépendance. La Serbie cherche à maintenir la cohésion de la fédération, dans le but de garder une position dominante et de protéger les minorités serbes des autres républiques.

En août 1991, la guerre civile est totale : la Serbie, par le biais de l’Armée populaire yougoslave où elle est majoritaire, appuie les Serbes de Croatie et de Bosnie qui cherchent à créer une « Grande Serbie ». Cette armée serbe est le bras armé de la politique de « nettoyage ethnique » mise en place par le gouvernement. Voir aussi conflit Yougoslave. Dans la province de Voïvodine, le parti d’extrême droite est dominant, dirigé par Vojislav Šešelj. La région de Sandžak, située de part et d’autre de la frontière entre le Monténégro et la Serbie, s’oppose au pouvoir autoritaire du gouvernement serbe. Des affrontements se déroulent entre les Musulmans et les Serbes alliés aux Monténégrins. L’opposition se cristallise autour de Sulejman Ugljanin et de l’Action démocratique du Sandžak, qui proclame l’indépendance de la région en octobre 1991.

Slobodan Milosevic
À la fin du mois d’avril 1992, la sécession de quatre des autres républiques est consommée : la Croatie, la Slovénie et la Bosnie-Herzégovine (qui a proclamé son indépendance en mars 1992) ont été reconnues par la communauté internationale au début de l’année ; la Macédoine, indépendante dans les faits, doit patienter jusqu’en avril 1993 pour obtenir une reconnaissance officielle sous le nom officiel de FYROM (Former Yougoslav Republic of Macedonia), soit en français l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM). "Serbie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008 http://fr.encarta.msn.com © 1997-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés
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