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La démocratisation de la Bolivie
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En octobre 1982, Hernán Siles Zuazo est installé à la présidence par le pouvoir militaire. Il constitue un gouvernement d’union populaire, mais son action est paralysée par l’agitation sociale. En 1985, Víctor Paz Estenssoro revient au pouvoir, mais il doit faire face à une situation économique catastrophique. Il réussit cependant à redresser l’économie et à réduire l’inflation, en introduisant des mesures d’austérité et en faisant appel à des investisseurs étrangers. Les efforts de son gouvernement pour diminuer la production de coca et la vente de cocaïne ne connaissent qu’un succès partiel et restent très impopulaires, d’autant qu’elles provoquent une augmentation du chômage et une certaine récession. Víctor Paz Estenssoro est remplacé à la présidence par Jaime Paz Zamora en 1989.

L’élection présidentielle de juin 1993 est remportée par un entrepreneur minier, Gonzalo Sánchez de Lozada, tandis que les élections du Congrès, tenues la même année, ramènent au pouvoir le MNR (parti de centre droit). « Goni », tel que le nouveau président est surnommé, entreprend d’importantes réformes économiques et sociales : privatisation de nombreuses entreprises, décentralisation, inscription de la Bolivie comme membre associé du Mercosur (1997), réduction de l’inflation grâce à un strict contrôle des dépenses du gouvernement, réformes dans les secteurs de l’enseignement, de l’agriculture et des mines, mise en place d’un système de retraites.

L’impact de ces mesures s’avère positif, en particulier d’un point de vue économique, mais les coûts sociaux sont élevés et les inégalités demeurent. Les réformes du secteur agricole et des retraites provoquent une vive opposition syndicale ainsi que la mobilisation de la population.

En juin 1997, Gonzalo Sánchez de Lozada est remplacé à la présidence par l’ancien dictateur Hugo Banzer, membre de l’Action démocratique nationaliste (ADN). Ce dernier n’est investi dans ses fonctions qu’au mois d’août suivant, après avoir fait alliance avec le parti de l’ancien président Jaime Paz Zamora, le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR). En 1999, l’économie du pays, déjà lourdement affectée par El Niño, subit en outre la chute des cours des minéraux.

La situation économique, encore aggravée par la politique d’éradication de la coca, entraîne de violents conflits sociaux, qui amènent le gouvernement à décréter l’état de siège en avril 2000. Les indicateurs économiques s’améliorent cependant au cours des mois suivants, tandis que le FMI, considérant les efforts fournis en matière de lutte contre la drogue, accentue encore son aide financière.

En août 2001, le président Hugo Banzer démissionne pour raisons de santé. Atteint d’un cancer des poumons et du foie, âgé de 75 ans, il se retire de la vie politique bolivienne après l’avoir dominée pendant trente ans. Son successeur est le vice-président Jorge Quiroga, un ingénieur de 41 ans, formé aux États-Unis, son plus proche collaborateur depuis treize ans. Après une année marquée par les protestations des cocaleros contre l’arrachage des plants de coca et les marches du nouveau Mouvement des paysans sans terres, les élections législatives sont remportées par les libéraux du MNR qui ne disposent pas toutefois de la majorité au Congrès. Le Mouvement pour le socialisme (MAS, extrême gauche) d’Evo Morales, le leader syndical indien d’origine ayrama des planteurs de coca, obtient 11,9 p. 100 des voix et s’impose comme la première force d’opposition avec 8 sénateurs sur 27.

Gonzalo Sánchez de Lozada
Gonzalo Sánchez de Lozada
En outre, 6 candidats indiens du Mouvement Pachakuti (MIP) sont élus députés. Evo Morales lui-même arrive en deuxième position, lors du premier tour de l’élection présidentielle qui se tient au même moment, avec 20,9 p. 100 des voix derrière l’ancien président Gonzalo Sánchez de Lozada qui en obtient 22,5 p. 100. Aucun des candidats n’ayant obtenu plus de 50 p. 100 des voix, c’est finalement Gonzalo Sánchez de Lozada qui est élu président par le Parlement — fonction qu’il a déjà occupée de 1993 à 1997.
Le mois de février 2003 est marqué par de violentes émeutes entre des policiers et l’armée qui font plus de 30 morts, à la suite de l’annonce de mesures visant à réduire le déficit fiscal en instaurant un nouvel impôt sur le salaire des fonctionnaires. Au mois d’octobre suivant, un mouvement de grève générale est lancé en opposition à un projet de vente de gaz naturel aux États-Unis via le Chili. Il se radicalise et les manifestants exigent la démission du président de la République. L’agitation sociale, qui exprime en premier lieu les revendications de la population indienne, majoritaire mais exclue de la vie politique, s’étend à l’ensemble du pays.
Carlos Mesa

À la fin du mois, alors que les émeutes ont fait 80 morts, Gonzalo Sánchez de Lozada démissionne de ses fonctions. Il est remplacé par le vice-président Carlos Mesa. Journaliste et écrivain, Carlos Mesa forme un gouvernement affranchi des partis politiques et comprenant deux ministres indiens. Il bénéficie dans un premier temps du soutien du leader de l’opposition, Evo Morales, et de son Mouvement pour le socialisme (MAS). Toutefois, sa réforme de la gestion des hydrocarbures, qui renforce le rôle de l’État dans ce secteur, attise les velléités autonomistes des provinces de Santa Cruz et de Tarija (où se trouvent les principaux gisements) tandis qu’elle est jugée insatisfaisante par l’opposition et par les partisans de la nationalisation du gaz. Face à l’ampleur de la contestation qui paralyse le pays, Carlos Mesa est contraint à la démission le 6 juin 2005. Le président de la Cour suprême, Eduardo Rodriguez, est désigné pour lui succéder. Il convoque des élections générales anticipées afin de trouver une issue à la crise sociale et politique que traverse le pays.

Le 18 décembre 2005, Evo Morales remporte l’élection présidentielle dès le premier tour avec 53,74 p. 100 des

Carlos Mesa
suffrages contre les 28,5 p. 100 du candidat libéral Jorge Quiroga, du Mouvement Pouvoir démocratique et social (PODEMOS). Aux élections législatives, son parti, le MAS, recueille 72 des 130 sièges de la Chambre des députés (contre 43 au PODEMOS) – il est majoritaire à l’Assemblée nationale, mais pas au Sénat. Pourfendeur du néolibéralisme et de l’impérialisme américain en Amérique latine, le nouveau président a axé sa campagne sur la lutte contre les inégalités socio-économiques, sur la défense de la culture indienne et sur la nationalisation du secteur des hydrocarbures. Il entend assouplir le contrôle sur la production de la « feuille sacrée » de coca, considérée comme une culture traditionnelle, tout en affirmant vouloir lutter contre la production de drogue illégale et le narcotrafic. Cette victoire inédite d’un candidat indigène en Bolivie et en Amérique latine a un retentissement considérable sur l’ensemble du continent. "Bolivie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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