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Les crises politiques en Belgique au 19ème siècle
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Sous Léopold II, la Belgique est confrontée à de nombreuses crises politiques. Trois problèmes fondamentaux dominent la vie politique : l’enseignement, le système électoral et la question linguistique. Les libéraux préconisent le monopole de l’État sur l’enseignement, à l’encontre des catholiques, partisans de la liberté d’enseignement. La loi de 1842, qui accorde au clergé le contrôle de l’enseignement primaire, est abrogée en 1879 par la loi Van Humbeek, défendue par le ministre anticlérical Frère-Orban. La crise ouverte amène la rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. La pleine liberté de l’enseignement est rétablie en 1884, sous le gouvernement Malou, et l’enseignement religieux est à nouveau imposé dans les écoles publiques à partir de 1895.

 

Les deux camps s’affrontent aussi sur la question électorale. Dès 1848, les libéraux obtiennent l’abaissement du cens électoral, mais, en 1870, il n’y a encore que 100 000 électeurs sur une population de 6 millions d’habitants. La situation ne se débloque qu’après une campagne de pétitions et de grèves organisées en 1893 par le Parti ouvrier belge (POB-BWP) nouvellement créé.

Le ministère catholique doit accepter l’adoption du système du vote plural : selon la loi Nyssens, le principe du suffrage universel est acquis pour tous les Belges âgés de vingt-cinq ans et domiciliés en Belgique depuis plus d’un an, mais certaines catégories professionnelles bénéficient d’une voix de plus, comme les grands propriétaires et certains hauts fonctionnaires. En 1899, le système de la représentation proportionnelle est institué, avant l’établissement du suffrage universel simple en 1919.

La querelle linguistique se pose dès 1840, la Constitution ne prévoyant qu’une langue officielle : le français. Par étapes successives, les défenseurs du néerlandais imposent l’introduction de cette langue dans la vie officielle du pays.

En 1879, elle est introduite dans les tribunaux, puis, en 1894, la loi De Vriendt-Coremans lui donne rang de langue officielle avec le français.

Vers 1880, l’industrialisation et la densité de la population ont créé dans les villes de Belgique des conditions de vie épouvantables. À cela s’ajoutent une crise économique caractérisée par une surproduction industrielle, une réduction du pouvoir d’achat et une augmentation du chômage. Les premières revendications sociales sont le fait de militants socialistes, travailleurs gantois et wallons, ainsi que de syndicats et coopératives mutualistes. Sous l’impulsion de personnalités comme le comte Albert de Mun et le comte Henry Carton de Wiart naît un catholicisme social actif. Sous la pression de leurs efforts conjugués, le gouvernement Bernaert adopte une législation sociale : ce sont les lois sur les constructions d’habitations ouvrières (1889), sur les pensions de vieillesse (1894), sur la réglementation du travail des femmes et des adolescents (1888 et 1906) et sur l’introduction d’assurances concernant les accidents du travail (1903).

Comme dans le reste de l’Europe, l’impérialisme colonial a ses partisans en Belgique. Le premier d’entre eux est Léopold II, qui finance personnellement une expédition sur le fleuve Congo. Il engage sir Stanley à son service et se taille un empire en Afrique centrale qui est sa propriété personnelle.

Léopold II de Belgique
Léopold II de Belgique. Encarta
À la conférence de Berlin en 1885, l’Association internationale du Congo, fondée par Léopold II, est reconnue comme un État souverain. L’exploitation sans merci des ressources humaines et matérielles du pays se poursuit après la cession par Léopold II du Congo, comme colonie, à la Belgique en 1908. L’année suivante, son fils Albert Ier monte sur le trône. "Belgique" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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