Carnet Photographque : la roumanie
Histoire de l'Argentine : Crise politique dans les années 90
Carnet Photographique Argentine

Après s’être traduit par le vote, le mécontentement de la population s’exprime dans la rue, par des émeutes, des pillages et des « concerts de casseroles » (cacerolazos) au cours desquels les manifestants conspuent les dirigeants politiques. Les affrontements avec la police font trente morts tandis que cinq présidents se succèdent à la tête de l’État en quelques jours.

Le ministre de l’Économie, Domingo Cavallo, est le premier à démissionner, bientôt suivi par le président Fernando De la Rúa le 20 décembre. Le président du Sénat, qui assure l’intérim, remet sa démission au bout de quarante-huit heures. Adolfo Rodríguez Saá annonce la suspension du paiement de la dette et la création d’une nouvelle monnaie, mais il renonce à son tour au bout d’une semaine.

Il est remplacé par le président de l’Assemblée nationale, avant qu’Eduardo Duhalde soit finalement investi à la présidence de la République le 2 janvier 2002.

Eduardo Duhalde, professeur de droit public, candidat malheureux à la présidentielle de 1999, forme un gouvernement dominé par les péronistes. Dès son arrivée au pouvoir, il promulgue une loi d’urgence économique qui entraîne la dévaluation du peso, la fin de la parité peso-dollar et la mise en place de mesures protectionnistes afin de restructurer l’économie du pays. Un double de taux de change est instauré, l’un officiel à 1,40 peso pour 1 dollar et l’autre libre. Alors que le chômage atteint des niveaux dramatiques (24 % selon les chiffres officiels en mars 2002)

et que plus de la moitié des Argentins (52 %) vit sous le seuil de pauvreté, la malnutrition frappe plusieurs régions du pays. Cette catastrophe économique et sociale alimente un très fort mécontentement à travers tout le pays, mais fait naître aussi des formes originales de mobilisation sociale et de solidarité :

mouvements de chômeurs (surnommés les piqueteros) capables de paralyser les transports et la circulation de marchandises, associations de quartier à l’origine de « clubs de troc » permettant d’échanger des biens et des services, etc.

Sur le plan politique, la population argentine exprime un rejet et un dégoût à l’égard de tous les partis, considérés comme responsables en bloc de la grave crise que traverse le pays en raison de leur incapacité à gouverner et de leur corruption. La classe politique, quant à elle, profondément divisée, apparaît surtout attachée à conserver ses parcelles de pouvoir.

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Manifestation en Argentine contre le gel des comptes bancaires
Manifestation en Argentine contre le gel des comptes bancaires. Encarta
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