Carnet Photographique : le Canada
Textiles et céramiques sous les Ming
Carnet Photographique Chine

L’installation d’une dynastie chinoise de souche, les Ming, met un terme à la domination mongole. La cour institue une académie impériale de peinture qui attire essentiellement les peintres de fleurs et d’oiseaux et les paysagistes de l’école Ma-Xia. Les œuvres les plus intéressantes demeurent cependant celles des lettrés. L’école Wu qui rassemble des wenren, peintres-lettrés Ming, accueille des artistes de talent, dont Shen Zhou et Wen Zhengming. Ces deux aristocrates cultivés pratiquent la peinture et la calligraphie.

 

Ils assimilent l’œuvre des Quatre grands maîtres du Yuan dans un style personnel. Le pinceau de Shen Zhou fait preuve d’une précision de trait qui confère à ses peintures une clarté bien délimitée. Ses thèmes s’inspirent de scènes de la vie quotidienne, comme une soirée passée à contempler la Lune sur une terrasse (Museum of Fine Arts, Boston). Pour sa part, Wen Zhengming choisit des sujets d’une grande simplicité, comme un rocher ou un arbre solitaire. La force de cet isolement qui émane de son œuvre reflète peut-être son propre désintérêt de la vie de peintre officiel.

Dès la période Han, l’art a fait l’objet d’études et de critiques littéraires. Elles atteignent des sommets sous la dynastie Ming avec Dong Qichang, érudit, peintre, critique et collectionneur. Les écrits de Dong Qichang sur l’histoire de la peinture chinoise ont conservé toute leur actualité. Son œuvre identifie les écoles de peinture du Nord et du Sud. Dong Qichang soutient que l’école du Sud (celle des peintres lettrés), qui met l’accent sur l’individualisme, la vie culturelle et contemplative, trouve ses origines dans l’œuvre de Wang Wei, à l’époque de la dynastie Tang. L’école du Nord, en revanche, remontant à Li Sixun et à Li Zhaodao aux VIIe et VIIIe siècles, regroupe les générations suivantes de peintres officiels. Dans ce deuxième groupe se situent les artistes monumentalistes Song, Li Cheng et Fan Kuan, ainsi que ceux de la tradition Ma-Xia.

Cette école, selon les théories de Dong Qichang, se caractérise par un manque de créativité, la soumission aux ordres de la cour et une imitation servile du passé. Les critiques contemporains d’art chinois considèrent ces arguments quelque peu réducteurs, mais Dong Qichang n’en demeure pas moins le premier à distinguer le peintre de cour officiel du wenren, peintre lettré amateur.
La céramique

La production de céramique s’accroît considérablement sous les Ming. Les marchés étrangers se développent, avec le succès croissant des exportations de porcelaine bleue et de porcelaine rouge sous couverte. Jusqu’alors, peu de couleurs pouvaient être appliquées comme couverte principale sur la porcelaine. À partir des Ming, on applique des émaux de couleurs diverses par-dessus la couverte. L’objet vernissé est d’abord cuit à la température élevée nécessaire pour la porcelaine. Il est ensuite peint avec des émaux dans les teintes comme le vert, le jaune ou le pourpre, avant de subir une deuxième cuisson. Cette invention permet de décorer les céramiques chinoises dans une variété presque illimitée de couleurs vives. De nouveaux styles de décoration s’épanouissent ; ceux dans lesquels prédomine le rose (la famille rose) ou le vert (la famille verte) sont alors les plus recherchés sur les marchés européens. L’émail peut également s’appliquer sur le cuivre, ce qui donne des objets très colorés, décorés en cloisonné.

Vase Bleu et blanc, période Ming (Chine)
Vase Bleu et blanc, période Ming (Chine). Encarta
Textiles
En référence à l’Antiquité, les souverains Ming choisissent des thèmes artistiques rappelant des motifs anciens. Les textiles tissés sont décorés de sujets d’origine Tang ou Song. Malgré des innovations et des perfectionnements techniques dans le domaine du textile (la tapisserie de soie par exemple), beaucoup de notables Ming s’habillent à la mode ancienne. Les robes à motif de dragons sont la tenue habituelle de la cour, et l’empereur se réserve le droit de porter des vêtements de cérémonie couverts de motifs taoïstes traditionnels.
Laques et jades
En référence à la tradition, on multiplie les objets tels que les laques sculptés. Si leur forme artistique appartient à l’époque Zhou, ils atteignent de nouveaux sommets dans l’ornementation de la période Ming. Les plateaux et les accessoires domestiques sont décorés de dragons, de personnages et de fleurs. La même fantaisie se manifeste dans l’art tout aussi ancien de la sculpture du jade. Il existe alors en Chine comme à l’étranger une forte demande pour les vases, les statuettes de divinités, les copies de bronzes antiques, le plus souvent des réceptacles à braises ou des encensoirs. "Art chinois" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
http://fr.encarta.msn.com © 1997-2009 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.
Recherche personnalisée