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L'art français : le 19ème siècle et le néoclassicisme
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Rompant avec la tendance générale à l’emphase et à l’extériorisation qui a cours dans l’art du XVIIIe siècle, le style néoclassique, plus austère et plus froid, fait son apparition dès la fin du siècle. Inspiré par le rationalisme du siècle des Lumières, les principes d'ordre et d'harmonie qui étayent ce style offrent un contraste saisissant avec le rococo. En France, le néoclassicisme possède la particularité de s’être associé sans rupture à deux types très différents de société. D’une part la société des Lumières, d’où émerge le libéralisme radical qui est l'une des principales causes de la Révolution de 1789, et dont le néoclassicisme dévoile les idéaux démocratiques et républicains, et d’autre part la société impériale, au sein de laquelle le néoclassicisme suggère avec force que la France a restauré les antiques valeurs de l’Empire romain, tandis que son armée balaye le continent européen.

Les premiers signes du renouveau classique apparaissent dans l'œuvre du sculpteur Edme Bouchardon, dont la statue équestre de Louis XV (1748-1762, détruite en 1792) fait directement référence au célèbre Marc Aurèle de la place du Capitole à Rome. Ce goût pour l'Antiquité transparaît aussi chez Jean-Baptiste Pigalle, dont la plus célèbre sculpture représente le philosophe Voltaire (1770-1776, musée du Louvre). En architecture, les références classiques abondent dans les plans idéalistes d’Étienne Louis Boullée et dans les édifices de Claude Nicolas Ledoux. Le représentant le plus remarquable du néoclassicisme français est le peintre Jacques Louis David, héritier de Poussin et fervent robespierriste qui deviendra le peintre attitré de l’empereur Napoléon. Ses scènes de l'histoire antique, comme le magnifique Serment des Horaces (1784-1785, musée du Louvre), semblent avoir eu un très fort impact à leur époque.

David peint également des scènes de la Révolution, comme la Mort de Marat (1793, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles). À travers une série d’œuvres monumentales réalisées avec ses élèves, au nombre desquels Antoine-Jean Gros et Anne-Louis Girodet, David livre une vision grandiose de l’Empereur, qui culmine dans le Couronnement de Napoléon et Joséphine (1805-1807, musée du Louvre). Suivant les pas de David, Jean Auguste Dominique Ingres perfectionne le style académique, lui donnant des accents plus sensuels, moins sévères et moins martiaux, et atteignant des sommets dans la pureté des lignes et la précision du modelé. Extraordinaire technicien, mais profondément artiste, il excelle tant dans les scènes mythologiques comme Jupiter et Thétis (1811, musée Granet, Aix-en-Provence) que

Painture de Jacques Louis David
peinture de Jacques Louis David. Photo Buchot
dans les portraits de contemporains, comme celui de Mme Moitessier (1856, The National Gallery, Londres)."français, art" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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