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Histoire de l'Arménie : La présidence de Levon Ter-Petrossian (1991-1998)
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Malgré les nombreux facteurs de fragilisation entravant son décollage économique (enclavement, rareté des ressources naturelles, dépendance énergétique et alimentaire, blocus, réinsertion des réfugiés), l’Arménie commence à récolter les premiers fruits de sa politique de réformes. Les élections législatives de 1995 donnent une large majorité au parti présidentiel, le Mouvement national arménien. Le même jour est adoptée la nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président. Exerçant un pouvoir de plus en plus autoritaire — il fait interdire le Dachnak, la principale formation d’opposition —, Levon Ter-Petrossian est réélu en 1996, dès le premier tour. Le déroulement et les résultats du scrutin sont cependant violemment contestés par l’opposition. Isolé au sein même de son gouvernement, surtout après ses prises de position en faveur d’un compromis avec l’Azerbaïdjan sur la question du Haut-Karabagh, Levon Ter-Petrossian est contraint à la démission en 1998.

Vainqueur de l’élection présidentielle de 1998 grâce au soutien d’anciens membres du gouvernement et de l’opposition (notamment du Dachnak, sorti de l’illégalité en février 1998), le Premier ministre en exercice, Robert Kotcharian, succède à Levon Ter-Petrossian à la tête de l’État. Armen Darpinian est nommé à la tête du gouvernement. Ancien président de la République autoproclamée du Haut-Karabagh, Robert Kotcharian a fait campagne sur son opposition résolue au traité de paix, favorable à l’Azerbaïdjan, proposé par le groupe de Minsk (Russie, États-Unis et France). Par conséquent, les positions arméniennes sur la question du Haut-Karabagh se durcissent. En 1999, l’alliance « Miasnoutioun », créée par le ministre de la Défense Vazken Sarksian et l’ancien dirigeant communiste Karen Demirtchian, remporte les élections législatives ; le président Kotcharian nomme Vazken Sarksian au poste de Premier ministre, en remplacement d’Armen Darpinian.

Dans les mois qui suivent, l’instabilité politique s’accroît : Vazken Sarksian, Karen Demirtchian et six autres responsables politiques sont assassinés en octobre 1999 par un commando armé, au cours d’une session parlementaire. Cette action, à laquelle l’entourage du président est soupçonné d’avoir participé, serait liée, selon certains analystes, aux négociations menées alors avec l’Azerbaïdjan sur la question du Haut-Karabagh : le Premier ministre et le président du Parlement reprochaient au président Kotcharian de faire trop de concessions à l’Azerbaïdjan. Le successeur de Vazken Sarksian, Aram Sarksian, son frère, est limogé et remplacé en mai 2000 par Andranik Markarian, chef du parti d’opposition Unité et ancien dissident soviétique. En janvier 2001, l’Arménie est admise au Conseil de l’Europe tandis que le pape Jean-Paul II effectue une visite dans le pays — première nation à avoir été christianisée — au mois de septembre.

Ayant manqué de peu la victoire dès le premier tour, Robert Kotcharian est réélu président de la République en mars 2003, devant Stepan Demirtchian (le fils de Karen Demirtchian tué en 1999) avec 67,5 % des suffrages. Mais le scrutin est marqué par de nombreuses irrégularités, dénoncées par les observateurs internationaux et par l’opposition qui organise d’importantes manifestations. Les élections législatives de mai 2003, remportées par le Parti républicain du Premier ministre Andranik Markarian (23,5 % des suffrages et 31 sièges), elles aussi marquées par des irrégularités, permettent au président Kotcharian de compter sur une majorité de 70 sièges sur 131 au Parlement.

Robert Kotcharian
Robert Kotcharian
La peine de mort est abolie et la Constitution amendée de manière à correspondre aux normes européennes. Sous le nouveau gouvernement, l’Arménie connaît une vaste amélioration de sa situation économique, fondée sur une croissance très forte (plus de 13 % en 2006, soit la plus importante parmi les pays de la Communauté des États indépendants) et une maîtrise de l’inflation qui lui valent les félicitations du FMI. Toutefois la majorité de la population demeure encore très pauvre. Quelques semaines avant les élections législatives de 2007, le Premier ministre, leader du Parti républicain d’Arménie (HHK), décède d’une crise cardiaque. Il est remplacé par Serzh Sarkisian, issu également du HHK, parti qui remporte le scrutin législatif.
Premier ministre en exercice, dauphin du président sortant, Serzh Sarkisian est élu à la présidence de la République en 2008 dès le premier tour de scrutin. L’ancien président Levon Ter-Petrossian, également candidat et arrivé en deuxième position, dénonce les irrégularités de l’élection. Des affrontements très violents opposent ses partisans aux forces de police. "Arménie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008
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