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Architecture chinoise et porcelaine sous les Yuan
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L’invasion de la Chine des Song par les Mongols modifie la nature de l’art chinois, notamment la peinture et l’architecture. Les dirigeants étrangers manifestent leur volonté de perpétuer la culture chinoise classique. Cependant, bien des artistes quittent la cour ; la peinture et la calligraphie deviennent alors le domaine de ces anciens artistes officiels. Le wenren hua, l’art des amateurs aristocrates de la dynastie Song, offre à partir de la période Yuan la plus accomplie des écoles d’artistes ; ces lettrés considèrent les peintres restés à l’académie comme des conservateurs et, souvent, des plagiaires. La plupart des artistes officiels, lorsqu’ils débutent, doivent réaliser des œuvres inspirées des Song, sur les fleurs, les oiseaux ou les paysages de l’école Ma-Xia. La tradition académique n’atteint pourtant plus jamais le niveau de la dynastie Song du Sud ; les innovations émanent en effet de sources extérieures.

 

La peinture
Bien que leurs styles diffèrent considérablement, les peintres lettrés wenren recourent en général à un coup de pinceau plus audacieux et plus assuré que les artistes des Song du Sud. Les peintres de l’époque Yuan campent énergiquement les rochers et les arbres, que la tradition Ma-Xia relègue au second plan. Les brumes ne suggèrent plus la distance, la préoccupation de l’infini ; la grandeur cède le pas à des formes dramatiques et tourmentées. Ceux que l’on nomme les Quatre grands maîtres du Yuan (Huang Gongwang, Ni Zan, Wu Zhen et Wang Meng) représentent la diversité de cette période.

Le paysage demeure le thème principal ; les aplats de couleurs et les variations dans le travail du pinceau rappellent les paysagistes de l’ère Tang.

La calligraphie devient populaire sous la dynastie Yuan, après une longue association aux recherches des lettrés wenren. Avec la musique et la poésie, la calligraphie est considérée comme partie intégrante du cursus d’un gentilhomme lettré ; il est courant d’offrir à des amis un spécimen de son écriture pour commémorer un événement ou pour les remercier de leur hospitalité. La calligraphie, comme la peinture, démontre les possibilités infinies du pinceau. Les caractères sont peints dans une grande variété de styles, depuis les glyphes archaïques recopiés d’après les vases de bronze jusqu’aux variantes libres qui rappellent les peintures chan (zen).

La porcelaine et l'architecture

La cour mongole favorise les progrès techniques dans la fabrication de la porcelaine. Vers le milieu du XIVe siècle apparaissent les premiers exemplaires datés de porcelaine décorée de couleurs sous couverte (vases David, Percival David Foundation, Londres). Jusqu’à cette époque, l’ajout de décorations de couleurs présentait de sérieux problèmes, car peu de pigments supportaient les températures élevées nécessaires à la cuisson de l’argile blanche. Durant la période Yuan, on découvre que le cobalt moulu, un pigment noirâtre, peut être délayé dans de l’eau et appliqué sur une pièce de porcelaine non cuite. Dans le four, elle prend une riche teinte de bleu profond. C’est le début de la tradition des porcelaines « bleu et blanc », expédiées pendant des siècles sur les marchés chinois, musulmans et européens. L’oxyde de cuivre donne naissance à une catégorie de porcelaines rouges sous couverte.

En architecture, les Mongols apportent des innovations considérables. Les bâtiments d’origine de la capitale mongole Khanbalik (romanisé en Cambaluc, aujourd’hui Pékin) sont probablement plus importants que les bâtiments Ming qui les ont remplacés. L’esthétique de l’architecture mongole met l’accent sur la masse, contrairement aux édifices Song.

Calligraphie chinoise
Calligraphie chinoise. Encarta
De vastes salles, souvent construites les unes autour des autres, autorisent le déroulement simultané de grands banquets, des audiences royales et de la gestion des affaires générales de l’État. Le plan grandiose de la cité créé par les architectes du Pékin mongol est conservé et adapté par les dynasties Ming et Qing ; il demeure une réminiscence de la capitale impériale Yuan. "Art chinois" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009
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