Carnet photographique Histoire de la Tunisie
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Le pouvoir tunisien

La Tunisie par Carnet Photographique
6/10/15

Tunisie - un pouvoir qui a vacillé en 2011

La Constitution adoptée en 1959 a institué un régime présidentiel fort, au sein duquel le pouvoir exécutif est presque entièrement détenu par le président de la République. Le président est le chef de l’État et le chef des armées. Il nomme le Premier ministre, les ministres et préside les conseils des ministres. Le Premier ministre est responsable devant lui. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans.


Le pouvoir exécutif et législatif tunisien

Parmi les nombreuses révisions ayant modifié la Constitution de 1959, celles de 1975-1976, de 1988 et de 2002 sont les plus décisives. En 1975, l’Assemblée nationale vote un amendement constitutionnel permettant d’accorder, à titre exceptionnel, la présidence à vie au chef de l’État Habib Bourguiba, en guise de reconnaissance pour les services rendus à la nation. La révision de 1976 modifie la répartition des compétences entre le président et son Premier ministre. Celui-ci peut désormais suppléer le président en cas d’empêchement provisoire, et il lui succède automatiquement en cas de vacance de la présidence. Quelques mois après la destitution d’Habib Bourguiba par son Premier ministre, Zine el-Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987, et l’accession à la présidence de son dauphin constitutionnel, la révision de 1988 abolit la présidence à vie et limite à deux fois le renouvellement du mandat présidentiel. Le 26 mai 2002, plus de 99 p. 100 des électeurs tunisiens approuvent par référendum une réforme constitutionnelle qui prévoit notamment le renouvellement sans limite des candidatures à la présidence et repousse de 70 à 75 ans l’âge limite pour y postuler. Le chef de l’État bénéficie en outre d’une immunité pénale pour tous les actes accomplis durant sa présidence. Cette réforme s’applique tout particulièrement au président Ben Ali : élu en 1989, puis réélu en 1994 et 1999, celui-ci peut désormais briguer un quatrième mandat — il est réélu en 2004. Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement monocaméral, la Chambre des députés, dont les 189 membres sont élus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans.

Vie quotidienne des Tunisiens
Scène de vie quotidienne à Tunis. Photo E. Buchot
Sur ces 189 sièges, 152 sièges sont attribués au scrutin majoritaire direct, tandis que les 37 restants sont distribués à la proportionnelle entre les partis n'ayant pas obtenu la majorité absolue. Ce système, introduit lors des élections législatives de 1999, est censé assurer une plus large représentation au Parlement en garantissant un minimum de sièges aux candidats de l'opposition.


Les partis politiques tunisiens

Mosquée de Tunis

Parti gouvernemental, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) est l’émanation de l’ancien parti unique, le Parti socialiste destourien (PSD). Depuis 1988, le multipartisme est autorisé. Cependant, la culture du parti unique a affaibli, sans toutefois les faire disparaître, les quelques partis d’opposition, issus généralement de scissions avec le PSD, qui forment l’opposition légale. Outre le RCD, qui possède 80 p. 100 des sièges de l’Assemblée nationale, les partis légaux sont les suivants : le Mouvement des démocrates socialistes (MDS), le Parti de l’unité populaire (PUP), l’Union démocratique unioniste (UDU), le Parti social-libéral (PSL), le mouvement Ettajdid (qui correspond à l’ancien Parti communiste tunisien, PCT), le Parti démocratique socialiste (PDP) — anciennement le Rassemblement socialiste progressiste (RSP) — et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL).

En 1989, le parti En-Nahda (« la Renaissance »), constitué d’islamistes modérés, a été autorisé. Toutefois, alors qu’il apparaissait comme la principale force d’opposition, il a été de nouveau interdit en 1991 dans le cadre de la lutte menée par le pouvoir contre la menace islamiste.

"Tunisie" © Sources utilisées : Encarta et Wikipedia.