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La population étrangère en France

Carnet photographique : France
4/03/17

Combien de personnes étrangères vivent en France ?

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde migratoire de la France a connu une évolution contrastée : très positif entre 1946 et 1968 (+ 1 151 000 personnes entre 1946 et 1954, + 1 387 000 entre 1954 et 1962, + 972 000 entre 1962 et 1968), il s’est effondré à la suite de la fermeture des frontières à l’immigration en 1974 (+ 137 000 entre 1975 et 1982, pour atteindre + 38 000 en 1994, soit le plus bas niveau depuis 1974) ; la tendance s’est toutefois inversée dans la période 1995-2005, le solde migratoire s’élevant, à la fin de la période, à + 100 000.


Il est impossible de connaître exactement le nombre d’étrangers réellement présents sur le territoire en raison des difficultés de recensement et de l’immigration clandestine, par définition inchiffrable. Selon le recensement de 1999, la France comptait 4,30 millions d’immigrés (étrangers nés hors de France et naturalisés devenus français par acquisition de la nationalité) résidant sur son sol, soit 7,36 p. 100 de la population totale

Touristes dans les rues de Paris
Touriste à Paris. Photo. E. Buchot

(stagnation depuis le début des années 1980), mais seulement 3,26 millions d’étrangers (nés hors de France, 2,75 millions ; nés en France, 0,51 million). Le nombre d’étrangers est passé de 1,74 million en 1946 à 2,62 millions en 1968, puis à 3,71 millions en 1982 ; il est retombé à 3,58 millions en 1990 (soit 6 p. 100 de la population totale). Parallèlement, les acquisitions de la nationalité française sont en constante augmentation : 92 410 personnes en 1995, 128 092 en 2002 et 144 640 en 2003.

Histoire de l'immigration en France

Contrairement aux autres pays européens, qui sont — ou qui ont été — des pays d’émigration en raison des excédents naturels dégagés par la transition démographique, la France est un ancien pays d’immigration. Terre d’asile traditionnelle (Russes blancs, républicains espagnols), confrontée à une longue dénatalité entraînant une stagnation dramatique de sa population, elle a commencé à accueillir massivement des étrangers dès la fin du xixe siècle (plus d’1 million d’étrangers en 1881) et surtout après l’hécatombe militaire de la Première Guerre mondiale, pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre masculine. Le pays a alors absorbé d’importants flux d’immigrés européens (Belges, Polonais, Italiens) et nord-africains.

L’immigration a connu une croissance importante au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour satisfaire, une fois encore, les besoins de main-d’œuvre d’une industrie en pleine croissance (période des Trente Glorieuses). Des vagues d’immigrés ont d’abord afflué des pays d’Europe méditerranéenne (Italie, Espagne, Portugal), puis des anciennes colonies du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie), et enfin d’Afrique noire (Sénégal, Mali) et d’Asie (Viêt Nam, Cambodge).


Politique française et étrangers

La crise économique et la montée du chômage ont entraîné un durcissement de la politique migratoire de la France. La fermeture des frontières en 1974 a été suivie de mesures de plus en plus restrictives, à l’image des lois Debré-Pasqua sur l’immigration (1997), légèrement assouplies par la loi Chevènement (mai 1998). L’immigration, qui a enregistré un sérieux coup de frein, n’est pas totalement stoppée. Elle se poursuit dans le cadre du regroupement familial (plus de 23 000 personnes en 2001) et des demandes d’asile politique (près de 60 000 en 2005, ce qui fait de la France le premier pays destinataire des demandeurs d’asile au monde).

La population étrangère
Portrait de marocain. Photo E. Buchot
Les étrangers se heurtent à une législation de plus en plus restrictive. La majorité des demandes d’asile est rejetée (73 p. 100 de refus contre 9 p. 100 dans les années 1970), tandis que de nombreuses cartes de séjour ne sont pas renouvelées. Toutefois, en 2003, 9 790 immigrants ont obtenu le statut de réfugié, contre 4 342 en 1998. © Ecrit par et Encarta