Carnet Photographique

Le Lorrain


Peinture de Claude Gellée dit le Lorrain
Peinture de Le Lorrain. Photo E. Buchot

Lorrain, le (1600-1682), peintre français. Éminent représentant du classicisme au même titre que Nicolas Poussin, le Lorrain est l’un des maîtres de la peinture de paysage au XVIIe siècle. Dans ses compositions de vedute romaines, de scènes mythologiques ou religieuses, il est parvenu à saisir les atmosphères lumineuses d’une nature lyrique dans laquelle s’épanouit sa maîtrise de la perspective.

Jeunesse de Claude Gellée dit le Lorrain


Né à Chamagne (sa date de naissance demeure incertaine), près de Mirecourt dans les Vosges actuelles, Claude Gellée, dit le Lorrain en raison de ses origines lorraines, se rend adolescent à Rome. Selon les souvenirs de son fidèle ami, le peintre allemand Joachim von Sandrart (Teutsche Akademie der Bau-Bild und Mahlerey-Künste, 1675-1679), le jeune Lorrain arrive à Rome vers 1612 et travaille comme pâtissier. Il entre ensuite dans l’atelier du peintre paysagiste Agostino Tassi à Bagnaia, d'abord comme garzone (valet), puis comme élève et assistant. Celui-ci, décorateur de talent influencé par le peintre allemand Adam Elsheimer, lui enseigne les préceptes fondamentaux de la peinture de paysage et de la perspective.

Par la médiation tutélaire de Tassi, Claude Gellée s'imprègne également de l'exemple du maître bolonais Annibal Carrache et de son disciple le Dominiquin, dont les paysages monumentaux l'incitent à faire le choix de formats plus imposants. Hormis un séjour à Naples entre 1617 et 1621, où il travaille aux côtés du paysagiste Gottfried Wals (dit Goffredo Tedesco), et un autre à Nancy en 1625-1626 où il parfait sa formation dans l’église des Carmes aux côtés du peintre de cour Claude Deruet, Claude Gellée demeure toute sa vie dans la Ville éternelle : la Rome antique du Campo Vaccino (le Forum romain de l’époque) mais aussi la Rome des prélats et dignitaires où il côtoie les plus grands, du pape Urbain VIII à la famille des Colonna. Celui qui se fait désormais appeler Claude Lorrain (Claudio di Lorena) entre en 1633 à la prestigieuse académie romaine, l’Accademia di San Luca. Reconnu alors comme le meilleur paysagiste romain, il reçoit de nombreuses commandes des hauts dignitaires de la ville, mais également des ambassadeurs et de la noblesse étrangère. Ses deux principaux mécènes sont le roi Philippe IV d’Espagne (à partir de 1638) et le prince Colonna (à partir de 1663).

Les grandes périodes du Lorrain


Peinture de Port de mer par Lorrain au musée du Louvre à Paris
Port de mer par Lorrain au Louvre. Photo E. Buchot

Trois grandes périodes sont à distinguer dans le style du Lorrain : la période des ports imaginaires, la période mythologique et biblique de la maturité sereine et la période visionnaire À ses débuts, le Lorrain peint des paysages baignés d'une lumière oblique. Font alors partie de ses thèmes de prédilection les scènes d’embarquement ou de ports, où s’affaire un peuple grouillant de débardeurs et où mouillent de nobles vaisseaux « à l’antique » près d’embarcadères bordés de majestueux palais renaissants italiens. Sont caractéristiques de ces somptueuses invitations au voyage sa première œuvre connue (et retrouvée en 1995), Paysage avec un port et une scène d’embarquement (v. 1627, collection particulière), Port de mer au soleil couchant (1639, musée du Louvre, Paris) ou le tableau Marine (1634, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg), dans lequel se détache à l'horizon un soleil qui souligne finement les gréements des vaisseaux.

De cette époque datent également de magnifiques vedute de Rome, telle la Vue du Campo Vaccino à Rome (v. 1636, musée du Louvre). Cette première période est aujourd’hui bien connue : en effet, de faux Lorrain ayant commencé à circuler, le peintre recense lui-même ses œuvres sous forme de croquis, qu'il publie vers 1635 dans un Liber Veritatis (« Livre de la vérité », British Museum, Londres), créant ainsi sa propre monographie.

Douceur et sérénité des scènes mythologiques et bibliques


Oeuvre de Claude Gellée
Oeuvre de Claude Gellée. Photo E. Buchot

À partir des années 1640, les compositions du Lorrain deviennent plus paisibles et feutrées, baignées d'une lumière chaude, uniforme et apaisante. Certes le Lorrain se réfère toujours au même espace mental, aux mêmes « lieux de mémoire » : des paysages pastoraux et des scènes mythologiques fleurant la bucolique et la géorgique « virgiliennes », comme Bord de mer avec Apollon et la sibylle de Cumes (v. 1646-1647, musée de l’Ermitage) — plus d’un quart de la production totale du Lorrain tire son inspiration du panthéon gréco-romain — ou bien des sujets bibliques, comme le Mariage d'Isaac et Rébecca (1648, The National Gallery, Londres) et Jacob et les filles de Laban (1654 ?, Petworth House, West Sussex).

Mais ce ne sont là que prétextes allusifs presque ornementaux à une quête imaginaire de destinations lointaines et incertaines. Comme le souligne Werner Schade dans sa biographie du peintre (Claude Lorrain, 1999), les œuvres du Lorrain « naissent de la distance ». Comme pour nombre de ses contemporains, tous les détails de ses tableaux sont subordonnés à son abord de l’infini.

Au cours des années 1660, le Lorrain revient à sa première manière. Son style se fait toutefois plus visionnaire, plus symbolique, évoquant avant l’heure la fantasmagorie « hugolienne » des rayons et des ombres — Paysage avec Tobie et l’ange (1663, musée de l’Ermitage), Paysage avec Énée chassant sur la côte de Libye (1672, musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles). L'utilisation d'une palette subtile de tons argentés lui permet notamment de renouveler son art de la lumière et, partant, de créer un genre de paysage d’une beauté étrange, évoquant presque un combat de géants entre les traits de lumière et la prégnance des masses obscures. Mort à Rome en 1682 et inhumé à l’église Sainte-Trinité-des-Monts, le Lorrain a laissé son empreinte dans les peintures hollandaise et française, et surtout chez les peintres paysagistes britanniques comme Joseph Mallord William Turner. En 1836, ses cendres ont été transférées à l’église Saint-Louis-des-Français. En 2001, à l'occasion du quatrième centenaire de la naissance du Lorrain, une rétrospective exemplaire présentant dix-neuf œuvres maîtresses du Lorrain (treize peintures et six dessins) s’est tenue au musée départemental d’Art ancien et contemporain d’Épinal. © "Rembrandt" . Sources Encarta

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