Italie - Carnet Photographique

Suivez Carnet Photographique sur les réseaux sociaux

Michel Ange - David Pieta et la chapelle Sixtine

Italie - Carnet Photographique

10/10/15

Michel Ange - un artiste hors norme

Artiste du Cinquecento italien (XVIe siècle), Michel-Ange représente, avec Léonard de Vinci, le type même du génie de la Renaissance. Ses réalisations — pour l’essentiel des commandes florentines et romaines — ont durablement marqué l’histoire de l’art occidental. Par la composition de ses œuvres, de la plastique sculpturale de ses ignudi (« nus ») à la franchise des couleurs, Michel-Ange a ouvert la voie au maniérisme et au baroque.

Michel Ange et sa formation

David de Michel Ange Florence - Photo E. Buchot
David de Michel Ange à Florence

Né dans le village de Caprese, près d’Arezzo, Michelangelo Buonarroti — dit Michel-Ange — est lié à la famille Médicis par son père Ludovico, qui travaille pour la république de Florence. À l’âge de 13 ans, il est placé en apprentissage dans l’atelier du peintre Domenico Ghirlandaio où il réalise notamment des copies de Giotto et de Masaccio.

Puis en 1489, il entre dans l’école de Bertoldo di Giovanni — sculpteur attaché à la collection d’antiques du jardin des Médicis, près du couvent San Marco de Florence —, où il étudie la sculpture antique.

Laurent de Médicis, dit le Magnifique, ne tarde pas à remarquer l’aisance du jeune homme à concevoir des formes nouvelles et l’invite bientôt chez lui. Michel-Ange a alors l’occasion de rencontrer les plus jeunes des Médicis (dont les deux futurs papes Léon X et Clément VII) et fréquente également un cercle d’humanistes et de lettrés (tels que Marsile Ficin, Francesco Landini et Politien) qui vont fortement l’influencer : Michel-Ange, également poète, a laissé des vers portant sur l’art, mais également sur la philosophie néoplatonicienne et sur ses relations personnelles.

À l’âge de 16 ans, Michel-Ange a déjà produit au moins deux bas-reliefs, dont le Combat des Lapithes et des Centaures (1490-1492, Casa Buonarroti, Florence) qui fait référence aux sarcophages de l’Antiquité tardive. Son mécène, Laurent de Médicis, meurt en 1492 et, fin novembre 1494, Michel-Ange quitte Florence, au moment où les Médicis en sont temporairement expulsés. Il gagne Venise, puis Bologne, où il complète par plusieurs statuettes en marbre (saint Pétrone et saint Procule, 1494-1495) la châsse de saint Dominique réalisée au XIIIe siècle par l’atelier de Nicola Pisano et poursuivie, entre 1469 et 1473, par le sculpteur bolonais Niccolo dell’Arca (église San Domenico, Bologne).

Les oeuvres de Michel-Ange

Michel-Ange réalise dans un bloc de marbre la Pietà (1498-1499), conservée aujourd’hui à son emplacement d’origine, dans la basilique Saint-Pierre. Cette Pietà, l’une des plus célèbres œuvres d’art de tous les temps, est probablement achevée par Michel-Ange avant l’âge de 25 ans et c’est la seule œuvre qu’il signe. Représentée assise avec dignité, tenant le Christ mort sur ses genoux, la Vierge Marie est l’image même de la mater dolorosa, une Vierge de douleur et de résignation.

Statue Florence - Photo E. Buchot
Statue à Florence

Au printemps 1501, l’artiste rentre à Florence. Son style de jeunesse trouve alors son apogée dans le David géant de marbre (4,34 m de haut, galleria dell’Accademia, Florence), qu’il réalise entre 1501 et 1504, pour la Seigneurie florentine. Le personnage de l’Ancien Testament est représenté en jeune homme nu, musclé et portant son regard au loin comme s’il évaluait son ennemi Goliath. Plutôt que de mettre l’accent sur l’action en elle-même, l’artiste préfère figurer le moment de réflexion intérieure qui précède le geste de violence. Le David, entendu comme le symbole de l’invincibilité de la République florentine, est tout d’abord installé sur la place de la Seigneurie, devant le Palazzo Vecchio (l’hôtel de ville de Florence). Avec cette statue, Michel-Ange prouve à ses contemporains — en ajoutant à la beauté formelle une grande expressivité et une puissante signification — qu’il surpasse tous les artistes modernes mais aussi les Gréco-Romains de l’Antiquité.

La chapelle Sixtine

En 1505, Michel-Ange est rappelé à Rome par le pape Jules II pour la réalisation de deux commandes. La plus importante est celle des fresques de la voûte de la chapelle Sixtine, qui l’occupe de mai 1508 jusqu’en octobre 1512. Travaillant couché sur le dos, sur un échafaudage monté au-dessus de la chapelle, Michel-Ange peint certaines des plus belles représentations de tous les temps. Sur la voûte de la chapelle papale, il conçoit un système de décoration complexe, comprenant neuf scènes tirées du livre de la Genèse, commençant par Dieu séparant la lumière des ténèbres et comprenant la Création d’Adam, la Création d’Ève, la Tentation, la Chute d’Adam et Ève, et le Déluge universel. Ces scènes historiées, qui occupent la position centrale, sont entourées en alternance de représentations de prophètes et de sibylles, sur des trônes de marbre, et d’autres personnages de l’Ancien Testament ou d’ancêtres du Christ. Pour la préparation de cette œuvre gigantesque, Michel-Ange dessine de nombreuses études et cartons, concevant ainsi des dizaines de personnages et de poses. Ces représentations impressionnantes et puissantes, qui démontrent une parfaite maîtrise de l’anatomie humaine et du mouvement, ont radicalement transformé le cours de l’évolution de la peinture en Occident.

La chapelle Sixtine
La chapelle Sixtine

Michel Ange et les Médicis

Au cours de ses séjours à Florence, Michel-Ange réalise également la chapelle funéraire des Médicis qui lui est commandée pour la nouvelle sacristie de San Lorenzo (1524-1534). Le projet initial prévoyait quatre tombeaux — pour Laurent le Magnifique, Julien de Médicis (son frère), Julien, duc de Nemours (son fils) et Laurent, duc d’Urbino (son neveu) — et deux sépultures — celles des papes Léon X et Clément VII. L’œuvre, complexe, est finalement constituée de deux grands cénotaphes muraux situés l’un en face de l’autre, celui de Laurent, duc d’Urbino, et celui de Julien, duc de Nemours. Michel-Ange place les allégories de l’Aurore et du Crépuscule de chaque côté de la statue de Laurent assis (un homme à la personnalité contemplative et introvertie), et celles du Jour et de la Nuit de chaque côté de Julien (personnage actif et extraverti) ; quatre fleuves de l’enfer — des statues de dieux couchés — auraient dû figurer à un niveau inférieur mais elles n’ont jamais été exécutées. Les travaux sur la chapelle funéraire des Médicis se sont poursuivis bien après le retour définitif de Michel-Ange à Rome en 1534. © Sources utilisées : Encarta et Wikipedia.