Islam - Carnet Photographique


Histoire de l'Islam : période classique et médiévale

Carnet photographique : Islam
21/09/15

L'Islam

Pendant les premiers siècles de l’islam (viie-xe siècles), la loi et la théologie, disciplines islamiques orthodoxes fondamentales, sont développées. Par ordre d’importance, la théologie vient immédiatement après la loi dans l’islam, bien qu’elle ne soit pas aussi essentielle que ne l’a été la théologie chrétienne pour le christianisme. La spéculation théologique commence très tôt après la mort de Mahomet.


L'Islam et la période classique

Le premier conflit important émerge après l’assassinat du troisième calife Othman, au sujet de sa succession. La question est alors de savoir si un musulman le demeure après avoir commis de graves péchés. Contredisant le califat, un groupe fanatique, les kharijites, soutient que commettre des péchés graves, sans véritable repentir, exclut de la communauté islamique un musulman même pratiquant (qui continue à accepter les articles de la foi). Pour eux, les œuvres sont aussi essentielles que la foi. Les kharijites finissent par considérer toutes les autorités politiques musulmanes comme impies et, après de nombreuses rébellions, sont finalement vaincus. Une faction modérée des kharijites, appelée les ibadites, survit cependant et existe toujours, en Afrique du Nord, en Syrie et dans le sultanat d’Oman.


Les mutazilites

Photo de mosquée

La traduction des travaux philosophiques grecs en arabe aux viiie et ixe siècles entraîne la fondation de la première école théologique islamique importante, appelée mutazilisme, qui insiste sur la raison et la logique rigoureuse. La question de l’importance des bonnes œuvres demeure et les mutazilites soutiennent qu’un individu qui a commis de graves péchés sans s’en repentir n’est ni un musulman ni un infidèle, mais se situe entre les deux. Leur insistance fondamentale porte cependant sur l’unicité absolue et la justice de Dieu. Ils déclarent que Dieu est une essence pure, sans attributs, car les attributs impliquent une multiplicité. La justice divine exige une libre volonté humaine car si l’individu n’est pas libre de choisir entre le Bien et le Mal, la récompense et la punition n’ont pas de sens.

Une mosquée. Photo. Emmanuel BUCHOT


L'art islamique

Les mutazilites soutiennent que la raison humaine est capable de faire la distinction entre le Bien et le Mal. La théologie des mutazilites est établie comme doctrine d’État par le calife al-Mamun mais, au xe siècle, une opposition apparaît, inspirée par le philosophe al-Achari et ses adeptes (les acharites). Ils renient la liberté de la volonté humaine, jugeant ce concept incompatible avec la puissance et la volonté absolue de Dieu. Ils rejettent également l’idée que la raison naturelle humaine puisse mener à une connaissance du Bien et du Mal. Les vérités morales sont établies par Dieu et ne peuvent venir à la connaissance de l’homme que par la révélation. Les opinions d’al-Achari et de son école deviennent progressivement dominantes dans l’islam sunnite (ou orthodoxe) et le sont encore chez la plupart des

L'art islamique Photo. Emmanuel BUCHOT
musulmans. Cependant, les sunnites ont eu tendance à tolérer et accepter les divergences mineures d’opinion et à insister sur le consensus de la communauté en matière de doctrine.

L'Islam et la philosophie médiévale

La culture arabe

Les mutazilites sont probablement les premiers musulmans à emprunter des méthodes philosophiques grecques pour exposer leur doctrine. Certains de leurs opposants utilisent les mêmes méthodes et le débat est à l’origine du mouvement philosophique islamique qui s’appuie fortement sur la traduction arabe du corpus grec et sur l’étude des travaux philosophiques et scientifiques grecs. Le premier philosophe musulman est Kindi, qui tente d’adapter les concepts de la philosophie grecque aux vérités révélées de l’islam, qu’il considère comme supérieures au raisonnement philosophique. Comme le sont également les philosophes musulmans suivants de cette époque, il est d’abord influencé par les travaux d’Aristote et par le néoplatonisme, dont il fait la synthèse dans un système philosophique unique.

La culture arabe. Photo Emmanuel BUCHOT

Au xe siècle, le Turc al-Farabi est le premier philosophe musulman à subordonner la révélation et la loi religieuse à la philosophie. Farabi avance que la vérité philosophique est la même dans le monde entier et que les nombreuses religions existantes sont les expressions symboliques d’une religion universelle idéale.

Au xie siècle, le philosophe et médecin persan ibn Sina (Avicenne), élève de Farabi, réalise l’intégration la plus systématique du rationalisme grec et de la pensée islamique — au détriment de plusieurs articles de foi orthodoxes, tels que la croyance en l’immortalité individuelle et en la création du monde. Il prétend également que la religion est simplement de la philosophie sous une forme métaphorique qui la rend acceptable par les masses, incapables de saisir les vérités philosophiques formulées de manière rationnelle. Ces opinions entraînent des attaques contre Avicenne, et la philosophie en général, par des penseurs islamiques plus orthodoxes et en particulier par le théologien Ghazali, dont l’ouvrage Destruction des Philosophes s’attache surtout au déclin de la spéculation philosophique rationaliste au sein de la communauté islamique. Ibn Ruchd (Averroès), philosophe et médecin andalou du xiie siècle, défend les opinions aristotéliciennes et néoplatoniciennes contre Ghazali et devient le philosophe musulman le plus important dans le monde occidental par son influence sur la scolastique chrétienne.


Le soufisme

Culte de l'Islam

Le mouvement mystique appelé soufisme apparaît au viiie siècle lorsque de petits cercles de musulmans, en réaction contre l’attachement croissant aux biens terrestres de la communauté islamique, commencent à mettre l’accent sur la vie intérieure et sur la purification morale. Au cours du ixe siècle, le soufisme se transforme en une doctrine mystique, dont la communion directe ou même l’union extatique avec Dieu représente l’idéal. Cette aspiration à l’union mystique avec Dieu va à l’encontre de l’engagement islamique orthodoxe de monothéisme. Pour cette raison, le soufi al-Hallaj est mis au supplice en 922, à Bagdad. Les soufis importants tentent par la suite de réaliser une synthèse entre le soufisme modéré et l’orthodoxie et, au xie siècle, al-Ghazali parvient avec succès à introduire le soufisme au sein du sunnisme orthodoxe.

Culte de l'Islam. Photo Emmanuel BUCHOT
Au xiie siècle, le soufisme cesse d’être la recherche d’une élite instruite et se transforme en un mouvement populaire complexe. L’insistance des soufis sur la connaissance intuitive et l’amour de Dieu accroît l’appel de l’islam vers les masses et permet dans une large mesure son extension, du Proche-Orient vers l’Afrique et l’est de l’Asie. Les fraternités soufies se multiplient rapidement. Le succès de ces confréries est surtout dû aux aptitudes et à la générosité de leurs fondateurs et dirigeants qui, non seulement pourvoient aux besoins spirituels de leurs adeptes, mais aident également les pauvres quelle que soit leur confession, et servent fréquemment d’intermédiaires entre le peuple et le gouvernement. © . Sources utilisées Encarta et Wikipedia
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