France par Carnet Photographique


Histoire de France : Louis XIV et Colbert

Carnet photographique : France
21/09/15

Louis XIV

À la mort de Mazarin en 1661, Louis XIV, qui n’a alors jamais pris part au gouvernement, décide qu’il sera lui-même son Premier ministre. Pendant son long règne (il meurt en 1715), il dirige personnellement la France, s’imposant comme le modèle du monarque absolu, légitimé par le droit divin. Dès le début de son règne, Louis XIV jette les bases de la structure de l’État centralisé. Mettant fin au système des ministères institué par Richelieu, il organise plusieurs conseils chargés d’appliquer ses instructions et il y fait entrer des gestionnaires compétents, grands commis de l’État : Fouquet, le surintendant des Finances nommé par Mazarin, est disgracié et remplacé par Colbert ; Le Tellier, secrétaire d’État à la Guerre, associe à son travail son fils Louvois qui lui succède. Veuf de Marie-Thérèse d’Autriche en 1683, Louis XIV épouse secrètement Mme de Maintenon, qui exerce une grande influence sur le roi en matière politique et religieuse.

Histoire de France avec le règne de Louis XIV et l’absolutisme

Les parlements, privés de leur titre de « cours souveraines », sont réduits au silence dès 1673 et contraints d’enregistrer sans discussion les ordonnances royales (fin du droit de veto). Les états généraux ne sont pas convoqués pendant toute la durée du règne. La police est réorganisée et concentrée sous l’autorité d’un lieutenant général de police (1667). La centralisation progresse dans tout le pays, mais n’est pas uniforme puisque les régions récemment conquises (Roussillon, Flandre, Artois, Alsace) conservent, au moins en partie, leurs pratiques antérieures. Les états provinciaux sont supprimés ou bien dépouillés de toute compétence politique.

Conformément à la tradition, instituée par Richelieu, de ne pas associer les grands au gouvernement, le roi attire les membres de la haute noblesse à la cour, fastueusement installée au château de Versailles à partir de 1682, par l’octroi de pensions ou de postes prestigieux, mais les cantonne dans le domaine de l’organisation des cérémonies. Soutien privilégié du roi, la bourgeoisie d’affaires voit ses aspirations satisfaites par le maintien de l’ordre, par la promotion active du commerce et de l’industrie, et par la possibilité de faire fortune grâce aux commandes de l’État.
Le rôle de Colbert

Portrait de Colbert

C’est à Jean-Baptiste Colbert que revient la tâche de redresser la situation économique du pays. Une fois de plus, les caisses de l’État sont vides ; aux impôts traditionnels — taille, levée par des fonctionnaires royaux ; gabelle, aides et traites levées par des fermiers qui prélèvent au passage un pourcentage — sont ajoutés deux nouveaux impôts directs, la capitation et le dixième applicables, en principe, à tous les sujets du royaume.

Colbert est le grand défenseur du mercantilisme, destiné en premier lieu à augmenter les réserves monétaires de l’État, et développe en ce sens une politique instaurée par Sully sous Henri IV et poursuivie par Richelieu. Il favorise l’essor de l’industrie nationale par la création de manufactures (les Gobelins et Aubusson pour les tapisseries, Saint-Gobain pour le verre) et par l’octroi de nombreuses subventions. En matière d’agriculture, il donne la priorité aux cultures industrielles (lin, chanvre, mûrier). Il met en place des barrières protectionnistes, protège les marchés coloniaux (en particulier les Antilles françaises) et accorde des chartes aux compagnies commerciales d’outre-mer (Compagnies des Indes orientales, 1664 ; des Indes occidentales, 1664 ; du Nord, 1669 ; du Levant, 1670) pour concurrencer les compagnies hollandaises et anglaises. Le développement de la marine est une priorité (achat de navires, construction d’arsenaux et aménagement des ports de Sète, Lorient et Brest).

Portrait de Colbert
À l’intérieur, les infrastructures (ponts, routes, voies navigables) sont améliorées. Mais le mercantilisme, source de développement économique contrôlé par l’État, va aussi être un générateur de guerres.


Les guerres et Louis XIV

Portrait de Louis XIV

Louis XIV, qui contrôle de près la politique étrangère, entraîne le pays dans quatre guerres coûteuses qui vont permettre l’agrandissement du royaume. Dans la lignée de Richelieu et de Mazarin, il poursuit la politique d’hostilité à l’égard du Saint Empire, cherchant par tous les moyens à réduire le pouvoir et l’influence des Habsbourg en Europe. Les noms de Vauban, spécialiste des techniques du siège et des fortifications, et de Louvois, secrétaire d’État à la Guerre et organisateur d’une armée puissante, sont indissociables de cette action militaire.

Dès 1667, sous prétexte de faire valoir les droits de sa femme, l’infante Marie-Thérèse (fille de Philippe IV d’Espagne), sur la province des Pays-Bas espagnols, Louis XIV se lance dans la guerre de Dévolution et envahit les Flandres et la Franche-Comté. La Triple-Alliance de la Suède, des Provinces-Unies et de l’Angleterre le force à négocier une paix de compromis en 1668 (traité d’Aix-la-Chapelle), par laquelle la France gagne onze places fortes sur la frontière nord-est. En 1672, au nom de considérations stratégiques et économiques Louis XIV mène la guerre de Hollande, au cours de laquelle il se trouve confronté à la résistance hollandaise et à une coalition puissante menée par l’Angleterre. La France sort de six ans de guerre agrandie de la Franche-Comté sur la frontière de l’est et d’une douzaine de places fortifiées au sud des Pays-Bas (traité de Nimègue, 1678.

Portrait de Louis XIV
En 1689, la ligue d’Augsbourg, conduite par Guillaume d’Orange-Nassau qui vient d’accéder au trône d’Angleterre sous le nom de Guillaume III, entre en guerre contre Louis XIV pour l’empêcher d’annexer les territoires proches des villes cédées au cours des traités précédents (annexion progressive de Montbéliard, Courtrai, Sarrebruck, Sarrelouis, etc.). Après huit années de guerre, Louis XIV doit restituer par le traité de Ryswick (1697) toutes les conquêtes postérieures au traité de Nimègue, excepté Strasbourg, et est contraint d’accepter à sa frontière septentrionale une ligne de places fortes hollandaises. © . Sources utilisées Encarta et Wikipedia
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