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L'économie chinoise

Carnet photographique : Chine
21/09/15

Essor de l'économie de la Chine

Depuis 1992 et le XIVe Congrès du Parti, la Chine obéit aux lois d’une « économie socialiste de marché ». D’origine socialiste, c’est-à-dire reposant sur un partage équitable des richesses et la propriété collective sous l’égide de l’État, cette économie est aujourd’hui bousculée par les lois de la compétition internationale et de la mondialisation. Pékin se doit, d’un côté, de préserver ses préceptes communistes et, de l’autre, de mener le pays dans la voie du développement en attirant les capitaux étrangers et en appliquant des méthodes qu’elle qualifiait autrefois de capitalistes. L’économie socialiste de marché vise à privilégier le secteur public tout en veillant à développer les autres domaines de l’économie. Pour cela, elle s’appuie sur une modernisation et une gestion nouvelle des entreprises d’État. Le but recherché est de créer un marché intérieur équilibré entre villes et campagnes et un vaste marché international. L’État n’a plus qu’un regard macroéconomique et se charge de contrôler le bon fonctionnement de l’économie nationale (protection sociale, distribution des revenus, encouragement et équilibre des richesses). Cette politique d’ouverture et de libéralisation de l’économie a eu un résultat très positif.

Le PIB chinois a connu en dix ans une forte croissance. Il est ainsi passé de 367,9 milliards de dollars en 1985 à 581,1 milliards en 1993 et à 2 234 milliards de dollars en 2005. Malgré cette croissance vertigineuse, la Chine demeure un pays essentiellement rural et pauvre, accusant un important retard économique. La population active comprenait 776 millions de personnes en 2005, dont 44,5 p. 100 de femmes.


La puissance chinoise

Dès 1949, et jusqu’en 1961, date de la rupture avec l’URSS, la Chine a calqué son développement sur le modèle soviétique. Elle a connu trois périodes de croissance : 1949-1952 et la reconstruction du pays suivie par le premier plan quinquennal (1953-1957) ; 1963-1965 et la correction des erreurs du Grand Bond en avant ; 1977-1982 avec les Quatre Modernisations. Mais le pays a également traversé deux grandes crises : 1958-1962 et le désastreux Grand Bond en avant de Mao Zedong ; 1966-1976 et la Révolution culturelle. Jusqu’à la fin des années 1970, les matières premières et les équipements destinés aux entreprises d’État étaient fournis par le gouvernement. La production était ensuite gérée et redistribuée par l’État. Ainsi, les biens de consommation nécessaires à la population rurale étaient distribués par un organisme d’État, la Coopérative de fourniture et de distribution.

Une pagode à Hong Kong en Chine
Pagode de Hong Kong Kong. Avec l'autorisation d'Encarta

Les biens essentiels (céréales, huile, viande, sucre, tissus de coton) étaient rationnés en raison de leur relative rareté et leurs prix fixés très bas pour les rendre accessibles à tous. Une grande partie de la rémunération versée aux familles rurales était constituée de céréales. Les années des Quatre Modernisations ont vu la libéralisation des prix et l’apparition des premières sociétés privées (100 000 en 1978, 17 millions en 1985). En 1980 ont été créées les premières ZES (zones économiques spéciales), de type capitaliste et destinées, grâce à l’apport des capitaux étrangers, à produire pour l’exportation. Ce sont Xiamen (Fujian), Zhutai, Shantou et, surtout, Shenzhen (Guangdong). De ce fait, les investissements extérieurs ont afflué (34 milliards de dollars entre 1979 et 1992), notamment en provenance de Hong Kong, encourageant ces régions à gagner en autonomie.

En 1984, 14 ports (dont l’île de Hainan) ont été ouverts aux capitaux étrangers, ce qui a eu pour effet de stimuler encore davantage le secteur privé et la libéralisation des prix. Ce processus allait être fortement entravé par les répercussions du massacre de la place Tian’anmen en 1989. Les nations occidentales ont en effet protesté par des sanctions économiques à l’égard de la Chine. Le pays était alors sur le point d’être repris en main par les partisans de la ligne dure du régime. Cependant, Deng Xiaoping est parvenu à maintenir le cap de la croissance tout en ménageant ces derniers. En 1992, il a lancé le concept d’une « économie socialiste de marché pour les cent prochaines années », suivi en juillet 1993 d’un plan d’austérité en « 16 points ». © Ecrit par