Histoire de France - Carnet Photographique


Henri IV et l'édit de Nantes

Carnet photographique : France
21/09/15

Le célèbre édit de Nantes

Héritier légitime, reconnu par Henri III à la veille de sa mort, Henri de Navarre monte sur le trône de France sous le nom de Henri IV. Le nouveau roi, un Bourbon, doit défendre ses droits à la couronne face à la Ligue catholique, laquelle fait appel à Philippe II d’Espagne dans le dessein de placer la couronne des Capétiens sur la tête de l’infante Isabelle. La guerre religieuse et civile dégénère en guerre étrangère et, venues pour soutenir les catholiques, les troupes espagnoles campent à Paris et à Rouen (1590-1591). Cependant, un parti modéré qui place l’ordre dans l’État au-dessus des conflits religieux s’est formé en France. Définie par Jean Bodin dans la République (1576), cette conception conduit à une monarchie absolue mais non arbitraire, respectueuse de la loi morale et religieuse. Henri de Navarre comprend que si lui et ses partisans sont protestants par conviction, la plupart des Français, catholiques fidèles à leur foi, n’accepteront jamais un prince protestant. En 1593, il abjure, se convertit publiquement à la religion catholique et rallie ainsi le peuple à sa cause. L’année suivante, il est sacré à Chartres et installe ainsi la dynastie des Bourbons sur le trône de France.

Héritier d’un pays ravagé moralement et matériellement par les guerres de Religion, Henri IV consacre son règne à la pacification et au redressement économique du royaume, mais aussi au rétablissement de l’autorité royale, sérieusement ébranlée. Il peut entreprendre cette tâche lorsque les dernières troupes d’occupation espagnoles quittent le royaume, en 1598.

Les années de guerre ont prouvé la nécessité d’établir la coexistence du catholicisme et du protestantisme dans le pays. Après de difficiles négociations avec des représentants des deux camps, Henri IV fait adopter en avril 1598 l’édit de Nantes, décret qui fixe le statut des protestants en France. Ces derniers se voient accorder « le droit de ne pas être catholique », une liberté de culte limitée géographiquement à certaines places fortes, l’égalité avec les catholiques devant la loi et l’accès aux fonctions publiques.

C’est la première fois en Europe qu’un État établit un régime de tolérance fondé, non pas sur l’arbitraire de princes imposant leur propre religion à leurs sujets, mais sur le respect mutuel des croyances d’autrui.


Le rétablissement de l'autorité royale

Sachant se montrer populaire mais ferme, Henri IV rétablit son autorité ; pendant son règne, les états généraux ne sont pas convoqués, le droit de remontrance des parlements est limité tout comme les pouvoirs des gouverneurs de province et les libertés des villes.

Le duc de Sully, son conseiller, aussi peu aimé que le roi est populaire, prend en charge le redressement financier. Grâce à l’augmentation des impôts indirects et à l’institution du revenu régulier de la Paulette (1604), il rembourse une partie de la dette et rééquilibre le budget de l’État. Pour venir en aide à la paysannerie (90 % de la population), grande victime des pillages et des destructions de la guerre, Henri IV annule les arriérés d’impôt foncier, interdit la saisie de bétail et d’outils par les créditeurs, met en vente des terres publiques à un prix inférieur à celui du marché et restreint les droits de chasse de la noblesse sur les terres cultivées. Pour promouvoir le commerce, il mène une politique de grands travaux (construction de canaux, de ponts, de routes, travaux de drainage). Pour développer de nouvelles industries, il facilite la venue en France d’artisans étrangers. Dès l’année 1610, l’économie est florissante et l’autorité royale fermement rétablie.

Henri IV
Henri IV. Photo E. Buchot
Encouragé par le pape Clément VIII qui a jugé l’édit de Nantes « maudit », le clergé catholique persiste dans son opposition à la tolérance dont bénéficient les protestants. Ces derniers, retranchés dans leurs places, en sont venus à former un État dans l’État. La grande noblesse a retrouvé le goût de l’autonomie, et la vénalité des offices engendre progressivement une certaine confusion dans l’administration. En mai 1610, François Ravaillac, un fanatique religieux, assassine le roi. Cette mort a-t-elle été commanditée ? Henri IV par son autoritarisme a contrarié les ambitions de plus d’une personne. Mais celui qui a été rejeté comme hérétique en 1589 est pleuré à sa mort par presque tous les Français. "France (histoire)" © . Sources utilisées : Encarte et Wikipedia.


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