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Napoléon 3 président puis empereur

Carnet Photographique - la France
Dernière mise à jour 5/08/16

Naissance de Charles Louis Napoléon

Né à Paris, Charles Louis Napoléon Bonaparte est le neveu de Napoléon Ier et le troisième fils de Louis Bonaparte et d’Hortense de Beauharnais (née du premier mariage de l’impératrice Joséphine). Son père, un personnage assez inconsistant, a occupé quatre années durant le trône de Hollande grâce à la faveur de Napoléon Ier, mais a été déchu du fait de sa médiocre gestion. Enfant d’un couple désuni — son père doute de sa paternité —, Louis Napoléon est élevé par sa mère, devenue duchesse de Saint-Leu après la chute du premier Empire, et passe sa jeunesse en Suisse, au château d’Arenenberg. Son principal précepteur, fils du conventionnel montagnard Philippe Lebas, est un futur disciple d’Auguste Comte. Quant à sa mère, elle développe chez lui le culte de la légende napoléonienne en le préparant à l’idée d’en assumer un jour l’héritage. Élève au collège militaire d’Augsbourg puis à l’École militaire de Thoune — d’où il sort officier d’artillerie de l’armée helvétique —, Louis Napoléon possède déjà à vingt ans certaines des convictions qui sont propres à sa future politique : Napoléon Ier est le continuateur de la Révolution française dont il a contribué à asseoir les principes, tandis que le congrès de Vienne, œuvre des vieilles puissances réactionnaires et absolutistes, n’a fait que consacrer des idées héritées du passé.

Le style Napoléon au Louvre

Le temps des conspirations

Sur la base de ces principes, il participe en 1831, aux côtés de son frère Napoléon Louis (membre de la Charbonnerie), au soulèvement des libéraux italiens en Romagne, soulèvement au cours duquel son frère meurt subitement d’une rougeole. Échappant à la police autrichienne, Louis Napoléon gagne ensuite Londres, où il participe à la préparation d’un coup de force sans suite contre la monarchie de Juillet.

Appartement de Napoléon 3. Photo E. Buchot
 

Revenu à Arenenberg, il devient, après la mort du duc de Reichstadt en 1832, le véritable chef du parti bonapartiste alors que son père et son oncle, nostalgiques des heures brillantes de l’Empire, ont depuis longtemps sombré dans le défaitisme et l’inaction.

S’assurant de quelques appuis au sein de l’armée, celui qui fait désormais figure de prétendant tente, en octobre 1836, de soulever la garnison de Strasbourg. Mal préparé, le coup de force échoue et Louis Napoléon, arrêté, est envoyé aux États-Unis. Il en revient en octobre 1837, trop tard pour assister sa mère au seuil de la mort.

Napoléon à Londres

Interdit de séjour en Suisse sur pression du gouvernement français, il retourne à Londres où il rédige un ouvrage de réflexion politique, les Idées napoléoniennes, tout en préparant un nouveau coup de force. En août 1840, il débarque à Boulogne-sur-Mer avec cinquante conjurés. Mais Louis Napoléon est arrêté quelques heures plus tard, condamné à la réclusion perpétuelle et interné au fort de Ham.

 

Il met à profit son incarcération pour rédiger une Histoire de l’artillerie ainsi qu’un essai au titre demeuré fameux : l’Extinction du paupérisme ; il y fait fidèlement référence aux préoccupations sociales du moment. En mai 1846, après six ans de captivité, Louis Napoléon emprunte les vêtements d’un maçon surnommé Badinguet (nom dont l’affublent ironiquement ses adversaires sous l’Empire) et parvient à s’échapper. Il se rend de nouveau à Londres où il se lie avec miss Howard qui lui apporte une aide financière importante et l’accompagne lorsqu’il rejoint Paris, à la faveur de la Révolution de 1848.

 

Le prince président

Prié de s’éloigner de la capitale sur ordre de Lamartine (membre du gouvernement provisoire), Louis Napoléon est cependant sur son seul nom élu à l’Assemblée constituante par quatre départements. Mais il préfère démissionner pour éviter que ne soit votée une loi d’exil l’éloignant encore du territoire national. Une nouvelle fois élu en septembre par cinq départements à l’Assemblée législative, il ne tarde pas à apparaître comme l’homme de la réconciliation, soutenu à la fois par les notables qui craignent l’installation du désordre et par le peuple pour lequel il incarne la promesse d’un retour à la gloire passée. Soutenu enfin par le parti de l’Ordre, notamment par Thiers, et bénéficiant de la peur du péril rouge qui paralyse les campagnes depuis les journées de juin 1848, Louis Napoléon est élu président de la République le 10 décembre 1848, devançant largement Cavaignac, Ledru-Rollin et Lamartine.

 

Ce triomphe est pourtant assombri par la victoire des royalistes à l’Assemblée législative en 1849, puis par la promulgation de la Constitution de la IIe République limitant son mandat à quatre ans.

Habile tacticien politique, il réduit d’abord à néant l’opposition républicaine puis laisse les conservateurs se discréditer par une politique réactionnaire et impopulaire (expédition de Rome en 1849, loi Falloux sur l’éducation en 1850 et suppression du suffrage universel en 1850), tout en se présentant comme le défenseur de la démocratie et du suffrage universel, et en travaillant à s’attirer le soutien du monde ouvrier.

 

Les appartements de Napoléon 3 au Louvre à Paris

La restauration de l'Empire : le coup d'état de décembre 1851

Pour autant, Louis Napoléon ne réussit pas à faire modifier la Constitution, à dessein de se faire réélire en 1852. Jouissant cependant d’une grande popularité, il décide, avec l’aide de son frère utérin Morny et d’hommes tels que Persigny, Maupas et Saint-Arnaud, de perpétrer un coup d’État, le 2 décembre 1851, date anniversaire du sacre de Napoléon Ier et de la victoire d’Austerlitz. Au matin du 2 décembre, Louis Napoléon fait afficher une proclamation annonçant la dissolution de l’Assemblée, le rétablissement du suffrage universel et l’organisation prochaine d’un plébiscite sur les nouvelles institutions.

Malgré des mouvements de contestation, qui provoquent l’arrestation de quelque 27 000 personnes et l’exil de nombreux opposants, le plébiscite du 21 décembre 1851 donne une majorité écrasante aux partisans du coup d’État. Dès le 14 janvier 1852, une nouvelle Constitution est promulguée. Elle accorde à celui que Victor Hugo a surnommé « Napoléon le Petit » dix ans de pouvoirs étendus, qui en font à la fois le chef de l’État et le chef du gouvernement. Le pouvoir législatif, partagé entre le Conseil d’État et le Corps législatif, se réduit en fait à un pouvoir d’approbation. Quant au Sénat, composé sur une base exclusivement honorifique, il est le gardien de la Constitution.

Les appartements de Napoléon 3 au Louvre. Photo E. Buchot
 

Du reste, dans l’esprit de son initiateur, cette Constitution n’est pas destinée à durer. Après avoir préparé l’opinion durant l’année 1852 et fait lever l’état de siège en mars, Louis Napoléon organise un nouveau plébiscite (21 novembre) et proclame l’Empire le 2 décembre 1852, prenant le titre de Napoléon III. Dépourvu d’héritier, il fait de la branche cadette de la maison Bonaparte, celle de Jérôme, l’héritière de la Couronne impériale.

© Ecrit par . Sources utilisées Encarta et Wikipedia.

Napoléon 3

Le decorum impérial. E. Buchot