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Le Maroc après l'indépendance

Voyage au Maroc - Carnet Photographique

8/09/16

Les 1ères années de l'indépendance du Maroc

En 1956, deux forces politiques, le roi et l'Istiqlal, paraissaient habilitées, pour avoir incarné et animé le nationalisme marocain, à revendiquer la conduite des affaires publiques et à faire prévaloir leur propre conception dans l'élaboration des nouvelles institutions constitutionnelles. Aussi les premières années de l'indépendance sont-elles dominées par une lutte d'influence dont l'enjeu est le contrôle de l'appareil d'État et la conquête du leadership politique. La monarchie sort victorieuse de cette confrontation en faisant adopter, par référendum en 1962, une Constitution à sa mesure, et ce après avoir contribué à l'effacement progressif de l'Istiqlal au profit d'un réseau de clientèles locales lui assurant le contrôle du monde rural et d'une force publique placée sous son autorité. Le fonctionnement du nouveau mécanisme constitutionnel va rapidement être bloqué sous l'effet de la politisation excessive des institutions parlementaires et de leur incapacité à résoudre les tensions sociales attisées par les défaillances ou l'immobilisme de la politique économique de l'État.

1965 : fin de l'épisode parlementaire

Le roi Hassan II.
Le roi Hassan II

L'explosion de violence qui survient à Casablanca, en 1965, sonne le glas de cette expérience parlementaire, et la proclamation de l'état d'exception ouvre une période d'autoritarisme qui conduit à la concentration totale du pouvoir entre les mains du roi, et à une certaine traditionalisation dans l'exercice du pouvoir. Désavouant les partis et réhabilitant les procédés traditionnels de l'influence politique et religieuse de la monarchie chérifienne, le roi va gouverner en s'appuyant sur un réseau d'élites administratives, rurales et économiques, dont le loyalisme est la seule condition qui garantisse leur prospérité économique et leur prestige social. L'absolutisme royal devient la trame d'un système qui s'accommode d'une corruption intensive, d'une répression sélective et d'un enrichissement outrancier – à seule fin d'entretenir son propre fonctionnement.

En 1970, le pouvoir va jusqu'à pérenniser ce système en l'inscrivant dans un texte constitutionnel qu'il élabore et fait adopter par référendum. La fiction institutionnelle ne pourra, cependant, trop longtemps résister au poids de la dégradation économique et sociale du pays causée par des années d'inertie et de corruption au sein de l'appareil d'État. À trois reprises, de 1971 à 1973, le régime se voit attaqué par un de ses plus fidèles alliés, l'armée, dont les tentatives de putsch et de subversion vont échouer. L'alerte aura pourtant suffi à obliger le Palais à réévaluer la situation et à tenter de renouer avec les forces politiques.

1972 : année d'ouverture et nouvelle constitution marocine

À partir de 1972 commence une nouvelle période, dominée par l'ouverture vers les partis d'opposition et par la recherche d'un équilibre neutralisateur dont le Palais puisse tirer le plus grand profit. En 1972, le roi fait adopter une nouvelle Constitution, d'inspiration plus libérale et plus démocratique que la précédente, et qui va largement dans le sens souhaité par les partis de l'opposition. La politique d'ouverture bute toutefois sur leur refus de participer au gouvernement de conciliation nationale proposé par le roi après le coup d'État manqué de l'été de 1972. Pour renouer le dialogue, Hassan II renonce à se placer sur le terrain strictement institutionnel en décidant de repousser les élections prévues par la Constitution. En revanche, il recrée indirectement dans le champ économique les conditions d'une mobilité qu'il ne réalise plus dans la manipulation du jeu politique traditionnel. La mise en œuvre du plan économique 1973-1977, orienté vers une croissance plus soutenue et une plus grande justice sociale, en constitue la trame principale, où s'inscrivent des mesures d'accompagnement telles que la « marocanisation » du commerce et de l'industrie, la récupération des terres étrangères et la refonte du code des investissements.

Cette stratégie de relance et d'intégration du champ économique dans le domaine politique va lui assurer une nouvelle emprise sur des élites sociales qu'il ne contrôlait plus depuis les complots. Mieux encore que ces réformes économiques et sociales, c'est une menace extérieure qui va permettre au roi de créer les conditions d'une unité nationale. La décolonisation du Sahara espagnol, coïncidant avec la mort du général Franco, va offrir au Maroc l'occasion d'échapper à un partage inégal du Sahara qu'il n'avait pas su remettre en cause ni avant l'indépendance de l'Algérie, ni après la guerre des Sables de 1963. Après une négociation ambiguë et une bataille juridique peu convaincante, le roi reprend l'initiative avec la Marche verte (oct. 1975) qui constitue un succès politique majeur sur le plan tant interne qu'international.

Sa Majesté le roi Hassan II
Sa Majesté le roi Hassan II

1975 : le Maroc vers la démocratisation

Le consensus sur le Sahara et l'intégration du champ économique dans le domaine politique vont permettre à Hassan II d'engager le régime dans une démocratisation formelle, limitée aux élites et étroitement contrôlée, avec la complicité de l'ensemble des acteurs du système politique marocain. En effet, différées en raison de l'affaire saharienne, les élections locales et nationales qui se tiennent respectivement en septembre 1976 et en juin 1977 voient le succès d'un mouvement d'électeurs, les Indépendants, impulsé et favorisé par le profond courant monarchiste et nationaliste qui s'est cristallisé autour de la Marche verte. Un nouvel équilibre politique s'instaure sur un fond d'unitarisme, qui tend à neutraliser les surenchères et les clivages internes au profit d'une mobilisation nationale en faveur de l'enjeu saharien. Le parti de l'Istiqlal, après une cure d'opposition d'une quinzaine d'années, revient au pouvoir en étant associé au nouveau gouvernement conduit par Ahmed Osman, beau-frère du roi et président du Rassemblement national des Indépendants (R.N.I.). Ainsi se trouve mise en place une formule politique qui tend à asseoir l'exercice du pouvoir sur des bases plus stables et plus rationnelles sans pour autant affaiblir le leadership du roi. © Ecrit par . Source utilisée : Encarta, lemonde et Wikipedia.