Carnet photographique Salgado
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Livres photos - les photos de Salgado et biographie

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7/10/15

Salgado, un photographe unique

Photo reporter de réputation mondiale, Sebastião Salgado propose une photographie socialement engagée ; témoin des souffrances humaines, il se sent investi du rôle de médiateur dans la résolution des problèmes de notre monde. Les premiers sujets de Sebastião Salgado sont consacrés à la sécheresse au Sahel et aux travailleurs immigrés en Europe. Il entre à l’agence Sygma en 1974, couvre la révolution des Œillets au Portugal, les guerres en Angola et au Mozambique. Dès l’année suivante, il rejoint Gamma pour se consacrer au reportage de fond. Il entreprend alors une longue enquête sur les paysans d’Amérique latine (1977-1983), qui débouche sur la publication d’Autres Amériques (1986). En 1979, il entre à l’agence Magnum. Il retourne au Sahel lors de la sécheresse de 1984-1985, travaillant conjointement avec l’organisation Médecins sans frontières (Sahel : l’homme en détresse, 1986).

À partir de 1985, le photographe s’élève au-dessus de Paris puis élargit sa vision aux régions : Paris vu du ciel (1985), l’Île-de-France vue du ciel (1988), l’Alsace vue du ciel (1989), la Bourgogne vue du ciel (1990). Sur le même principe, il survole les îles de France (1991), la Loire (1992), le Lot en Quercy (1992), les Côtes-d’Armor (1992), les côtes de la Méditerranée (1993), les côtes de Bretagne (1993), les côtes de l’Atlantique (1994), les Yvelines (1998), puis étend sa recherche au monde entier avec Venise (1988), le Kenya (1989), la Nouvelle-Calédonie (1993), le Maroc (1993), l’Argentine (1996), le Koweït (1997), la Grèce (1997), la Turquie (1998) et New York (1998). Chacune de ses étapes est concrétisée par la publication d’un ouvrage. Dans Paris d’hier et d’aujourd’hui (1996), il met en parallèle les photos aériennes d’Henri Henrard et les siennes, faisant ressortir les bouleversements intervenus dans l’urbanisme de la capitale depuis près d’un demi-siècle.


L’année suivante, le photographe entreprend une recherche sur la disparition des industries manuelles (la Main de l’homme, 1993). Le livre est un hommage aux travailleurs du monde entier, « l’adieu à tout un monde qui est en train de disparaître lentement, un tribut à ces hommes et ces femmes qui travaillent encore avec leurs mains, comme ils l’ont fait pendant des siècles ». On y retrouve ses célèbres photos de la mine d’or à ciel ouvert de Serra Palada, au Brésil.

En 1994, Sebastião Salgado crée avec son épouse Lélia Wanick Salgado l’agence Amazonas Images, uniquement consacrée à son travail. Dans Terra (1997), il dénonce le drame des paysans brésiliens « sans terre », forcés d’émigrer vers les villes où ils sont marginalisés. En 2000, à l’issue de six années de reportage à travers quarante pays, Sebastião Salgado publie Exodes, fruit d’une grande enquête sur les mouvements de population dans le monde, « parmi les fugitifs, sur les routes, dans les camps ou les taudis des grandes villes, où ils finissent souvent ». Il montre le déracinement, l’exil, l’errance des personnes arrachées à leur foyer. Les premiers touchés sont toujours les enfants ; il leur accorde leur propre tribune dans les Enfants de l’exode (2000).