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Histoire de la Colombie : L’émergence de la guérilla en Colombie
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L’alternance à la tête de l’État fonctionne très bien : le libéral Alberto Lleras Camargo est élu en 1958 ; en 1962, le conservateur Guillermo León Valencia lui succède. Les libéraux reviennent au pouvoir en 1966, avec Carlos Lleras Restrepo, puis le conservateur Michael Pastrana Borrero en 1970. La coalition conserve la majorité dans les deux Chambres, mais parvient rarement à réunir la majorité des deux tiers, nécessaire au vote des lois, et le pays connaît donc plusieurs périodes de quasi-paralysie. Ce climat favorise une guerre civile larvée, qui trouve également ses racines dans le marasme économique.

La violenca est ravivée dans les années 1960 par une guérilla organisée. C’est à cette époque que les principaux mouvements de lutte armée se mettent en place : les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia, FARC), créés en 1964, apparaissent comme les héritières des milices paysannes et sont liées au Parti communiste colombien ;

l’Armée de libération nationale (Ejercito de liberación nacional, ELN), fondée en 1965, se déclare castriste et rassemble aussi bien des hommes d’Église que des paysans et des universitaires ; l’Armée populaire de libération (Ejercito popular de liberación, EPL), fondée en 1967, est pour sa part d’inspiration maoïste. Face à cette situation, le président conservateur Guillermo León Valencia déclare l’état de siège et, avec l’aide des États-Unis, se lance dans une lutte sans merci contre les groupes armés. Fondé en 1970 pour protester contre la fraude électorale (qui a affecté le scrutin présidentiel du 19 avril 1970), le Mouvement du 19 avril (Movimiento 19 de abril, M-19), un groupe issu de la bourgeoisie urbaine qui recrute parmi les classes moyennes et dans les milieux universitaires, se lance dans une guérilla urbaine, marquée par des actions médiatiques comme l’enlèvement de l’ambassadeur des États-Unis ou la prise de l’ambassade de la République dominicaine.

Lorsque la coalition du Front national prend officiellement fin, en 1974, Alfonso López Michelsen, un libéral, est élu président. Mais la structuration de la vie politique ne change pas pour autant dans les faits, puisque le nouveau président décide d’accorder des postes ministériels aux conservateurs.

Son régime est caractérisé par un taux de chômage persistant, des émeutes ouvrières et estudiantines, ainsi que des actions isolées de la guérilla. En 1978, lors d’une élection marquée par un fort taux d’abstention, un autre libéral, Julio Turbay Ayala, est élu président avec une faible majorité ; il nomme également des ministres conservateurs dans son gouvernement.

Cependant, l’armée se montre incapable de réduire les guérilleros. En 1980, ces derniers réussissent à prendre en otage des diplomates étrangers, à l’ambassade de la République dominicaine, pendant soixante et un jours.

L’amnistie de quelque 400 guérilleros par le président conservateur Belisario Betancur, élu en 1982, et son orientation vers un régime de libéralisation (et en particulier la trêve conclue, en mai 1984, entre le gouvernement et les rebelles) ne suffit pas à ramener la paix civile. Les affrontements reprennent en 1985. En novembre, les guérilleros s’emparent du palais de justice de Bogotá, prenant des dizaines de personnes en otage. L’armée intervient, et de très violents combats éclatent : 100 personnes, dont le président de la Cour suprême et dix juges, sont tuées.

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Alfonso López Michelsen
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