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Architecture profane en terre d'Islam - la ville arabe

Le Maghreb par Carnet Photographique
6/10/15

Les medersa

Édifice tout à la fois religieux et civil, la médersa, ou école religieuse, apparaît en Iran sous les Abbassides. Sa forme sassanide donne lieu à un nouveau type de mosquée : la mosquée-médersa. Toutes deux ont quatre iwans (celui de la qibla est plus vaste) reliés par des arcades à deux étages. Dans la médersa, ces arcades mènent aux dortoirs alors que dans la mosquée, ce ne sont que des niches. Dans des médersas plus récentes, la cour est couverte d’une coupole. Deux exemples de mosquées-médersas du xviie siècle se trouvent à Ispahan : la Masjid-i-Shah (mosquée royale), au dôme élevé, pointu, couvert de tuiles, situé derrière l’iwan principal et dont l’intérieur et les lambrequins sont revêtus de tuiles ; et la Masjid-i-Shaikh Lutfullah, au dôme de tuiles plus élégant encore.


La ville en terre d'Islam

Durant la période omeyyade, le monde musulman produit ses plus beaux exemples de civilisation urbaine. Cependant, avec l’arrivée des Mongols, les villes sont détruites (et réduites à de simples villages), de même que le système d’adduction d’eau dont dépend leur survie.
Les fondements de la grande cité administrative sont posés à Samarra (en Irak) par les Abbassides. Au sein d’une énorme enceinte de murs de 175 hectares, la ville comprend des jardins, des bureaux, une mosquée, des bains et des quartiers résidentiels. Certaines des demeures sont décorées de peintures figuratives, mais le travail le plus remarquable consiste en des sculptures sur plâtre de motifs géométriques empruntés à l’Asie centrale. Les plans de villes, comme Samarra, sont remarquables par la conception des aqueducs et des égouts ; toutes les maisons sont équipées de bains et de latrines.

Les villes d'Islam

Palais de Topkapi à Istanbul

D’origine sassanide, l’organisation intérieure de « la Ville ronde », Bagdad (également en Irak, fondée en 762), se distingue du type précédent de villes. Elle est composée de deux cercles concentriques ouverts sur quatre avenues et au milieu desquels se dressent le palais du calife et la mosquée. Entre les deux cercles se trouvent les logements des gardes et des fonctionnaires. Le commerce et l’artisanat, d’abord tolérés à l’intérieur du premier cercle, sont ensuite repoussés à l’extérieur.

En Iran, les Safavides, derniers grands bâtisseurs, sont célèbres pour les ponts, les terrains de sport et les palais dotés de kiosques en bois d’où l’on voit fontaines et matchs de polo. Des bains publics, bazars, jardins, pavillons de jardin, ribats (murailles) et postes de frontière, il ne reste que quelques exemples en Tunisie.

À l’époque des Omeyyades et des premiers Abbassides, les princes musulmans font construire des palais dans le désert de Syrie et d’Irak. Certains sont entourés de réserves de chasse (comme chez les derniers souverains sassanides) ou dotés de thermes à coupoles (comme chez les Romains). Ils témoignent de la synthèse entre héritages occidental et oriental qu’a su faire l’art primitif islamique — et de sa liberté créatrice avant que l’interdit de l’image ne soit rappelé au ixe siècle (concept de l’aniconisme ; voir iconoclasme). Les palais omeyyades sont décorés de mosaïques, de fresques murales et de stuc représentant des courtisans, des animaux et le calife lui-même. Cet ornement tire son origine de la tradition sassanide.

Palais de Topkapi à Istanbul. Photo E. Buchot


Des ensembles de palais comparables à ceux de Samarra sont édifiés au Caire, près de Cordoue (palais de Medinat al-Zahra fondé par Abd al-Rahman III en 936), à Grenade (célèbre par son palais de l’Alhambra, des xiiie-xive siècles, et par sa Cour des Lions que décore une fontaine entourée de lions de pierre), en Afrique du Nord et à Istanbul (où, en 1454, les Ottomans construisent le palais de Topkapi).

Les caravansérails
Apport seldjoukide, le caravansérail (han en turc) est un abri composé d’une grande salle flanquée d’ailes et d’une cour pour les animaux ; installé en campagne ou en ville, il sert pour le repos des caravanes et des marchands.
La décoration architecturale
Dans l’art islamique, le stuc, les briques et les tuiles ont une fonction décorative. Les Seldjoukides introduisent les briques et les tuiles vernissées, irisées comme leur poterie et dont Kāshān (en Iran) est le centre de production. Des revêtements entiers de mihrabs, composés de bandes verticales d’inscriptions coraniques, sont moulés dans ce type de faïence.
Les Timurides produisent des panneaux muraux constitués de mosaïques de tuiles colorées qui sont d’une saisissante beauté : chaque couleur vive est cuite séparément des autres pour obtenir une intensité maximale. Au xve siècle, des potiers iraniens établissent des ateliers de production en Turquie, à İznik. C’est à l’époque safavide que l’or et le vert apparaissent dans la production iranienne. Mais désormais, les différentes couleurs sont appliquées et cuites ensemble, ce qui en diminue l’éclat.

Ville d'Islam
Autres types de décor, la sculpture et les moucharabiehs incrustés d’ivoire ornent les maqsura (paravents), les minbars (chaires pour le prêche), les fenêtres, les paravents et les portes, ainsi que divers éléments muraux. Certains édifices d’Espagne, de Turquie et d’Égypte mamelouke sont recouverts de reliefs de pierre incrustés de marbre. Parmi le mobilier de mosquée, les lampes et les tapis raffinés et colorés peuvent être considérés comme décoratifs. Grâce à la lumière et à la couleur qu’ils introduisent, ils embellissent l’intérieur de l’édifice. "Déserts" © Sources utilisées : Encarta et Wikipedia.